Le militant laotien Sombath Somphone (à gauche), colauréat du Prix Ramon Magsaysay pour le leadership communautaire, avec d’autre lauréats lors de la remise des prix à Manille, le 31 août 2005.

© 2005 Reuters

(Bangkok, le 20 février 2013) - Les autorités laotiennes n’ont toujours pas fourni d’informations sur le sort de l’éminent militant des droits sociaux Somphone Sombath, qui semble avoir été la victime d’une disparition forcée le 15 décembre 2012, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

L'Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), notamment par le bais de sa commission des droits de l’homme, devrait selon Human Rights Watch presser les autorités laotiennes - qui ont précédemment nié détenir Sombath - de fournir des informations sur son sort et son présumé lieu de détention.

« Le silence prolongé du gouvernement laotien au sujet de Sombath Somphone ne fait qu’accroître nos craintes pour sa sécurité », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch.

Des éléments de preuves solides semblent indiquer que Sombath, un militant des droits sociaux âgé de 60 ans qui a reçu le Prix Ramon Magsaysay en 2005, a été victime d’une « disparition forcée » au mains des autorités laotiennes à Vientiane, la capitale, il y a plus de deux mois. Il a été vu la dernière fois dans la soirée du 15 décembre par sa femme, Ng Shui Meng, alors qu'ils se rendaient chez eux dans deux voitures, après avoir quitté le bureau de Sombath. Ng Shui Meng a perdu de vue la jeep de son mari vers 18 heures à proximité du poste de police situé sur la rue Thadeua (KM 3) à Vientiane, et ne l’a pas revu depuis.

Des images vidéo prises par une caméra de vidéosurveillance montrent la jeep de Sombath devant le poste de police de la rue Thadeua à 18h03. Peu après, un véhicule dont les feux clignotaient est arrivé ; deux hommes en sont sortis, puis ont emmené Sombath dans le véhicule avant de quitter les lieux.

Une disparition forcée est définie par le droit international comme « l'arrestation, la détention, l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État… suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».

Toute disparition forcée constitue une violation de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Laos est un État partie, et qui interdit les arrestations et les détentions arbitraires, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que les exécutions extrajudiciaires.

Le Laos est l’un des premiers pays d'Asie du Sud-Est à avoir signé, en 2008, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. En tant que signataire, le Laos est tenu en vertu du droit international de s'abstenir de tout acte qui serait contraire aux objectifs visés par ce traité.

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