La militante vietnamienne Bui Thi Minh Hang, lors d'une manifestation pacifique à Hanoi, le 17 juillet 2011. Elle a par la suite été condamnée à deux ans de « détention administrative » dans un camp d'éducation, sans même la tenue d’un véritable procès.

© 2011 Dan Lam Bao

(New York, le 11 janvier 2012) - L'Union européenne devrait appeler le Vietnam à libérer tous les prisonniers politiques et à réaliser des améliorations concrètes en matière de liberté d'expression, de réunion, d'association et de religion lors du dialogue prévu à Hanoi le 12 janvier, a indiqué Human Rights Watch aujourd'hui dans un mémorandum adressé à l'UE.

En 2011, au moins 33 blogueurs et militants pacifiques des droits humains ont été reconnus coupables de crimes, simplement pour avoir cherché à exprimer leurs convictions politiques ou religieuses. Les autorités ont arrêté au moins 27 autres militants des droits humains, qui font actuellement l’objet d’enquêtes et/ou de procès. En outre, deux blogueurs, Nguyen Van Hai et Phan Thanh Hai se trouvent toujours en détention, sans même la tenue d’un procès, après avoir été arrêtés en 2010. Une militante des droits fonciers, Bui Thi Minh Hang, a été condamnée à deux ans de « détention administrative » dans un camp d'éducation, sans la tenue d’un véritable procès, après avoir participé à des manifestations pacifiques à Hanoi et à Hô Chi Minh-Ville durant l’été 2011.

Dans son mémorandum de 13 pages, Human Rights Watch recommande à l'UE d’appeler le gouvernement vietnamien à prendre des mesures relatives aux droits humains dans quatre domaines clés : le respect de la liberté d'expression et d'association, assorti de la libération de dissidents emprisonnés après avoir tâché d’exercer ces droits; le respect du droit de pratiquer librement sa religion ; la prise de mesures pour mettre fin aux exactions commises par la police et par les responsables des centres de détention, et à l'impunité pour de tels abus ;enfin, l’interdiction du travail forcé dans les centres de traitement pour toxicomanes, les centres de rééducation, les centres pour travailleuses du sexe, ainsi que les refuges pour sans-abri.

« Les diplomates vietnamiens se plaisent à décrire le Vietnam comme un État de droit dans leurs discussions avec leurs homologues étrangers », a observé Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch. «  Toutefois ces belles paroles sont contredites par l’incarcération de personnes qui tentent d’exercer leur droit de manifestent pacifiquement. »

Suite à l’élaboration en 2010 d'un Accord de partenariat et de coopération (APC) entre l'UE et le Vietnam, il a été  convenu de procéder à un dialogue annuel sur les questions relatives aux droits humains, devant se tenir alternativement à Bruxelles et à Hanoi. Le premier dialogue s’ouvrira à Hanoi, le 12 janvier.

L'UE devrait appeler à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques souffrant de problèmes graves de santé graves afin qu'ils puissent recevoir un traitement médical approprié, selon Human Rights Watch. Au moins deux prisonniers politiques - Nguyen Van Trai et Truong Van Suong - sont morts en prison en juillet et en septembre 2011.

L’UE devrait en particulier soulever les cas des prisonniers suivants : Nguyen Huu Cau, un poète et militant anti-corruption âgé de 65 ans, incarcéré depuis plus de trois décennies et atteint de cécité partielle et de surdité quasi-totale ; la militante bouddhiste Hoa Hao Mai Thi Dung, 42 ans, qui purge une peine de 11 ans de prison de 11 ans et qui souffre d’ une maladie cardiaque ainsi que d une paralysie des deux pieds paralysés ; le père Nguyen Van Ly, un militant catholique ;le militant bouddhiste Hoa Hao HNguyen Van Lia ; et le militant des droits du travail Do Thi Minh Hanh.

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