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Allégations d’abus sexuels dans le nord du Mozambique

Les autorités devraient mener des enquêtes et tenir les auteurs d’abus responsables de leurs actes

Une femme mozambicaine, qui fait partie des dizaines de milliers de personnes ayant dû fuir le conflit dans le nord du pays, photographiée dans le camp de personnes déplacées surnommé « Campo 25 de junho » (« Camp 25 juin »), à Metuge, au Mozambique, le 20 mai 2021.   © 2021 John Wessels /AFP via Getty Images

Des allégations d’exploitation sexuelle en échange d'aide humanitaire ont refait surface au Mozambique ; ces abus sexuels seraient infligés à des femmes déplacées par le conflit avec des groupes armés islamistes dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays.

Le mois dernier, lors d'entretiens avec des personnes déplacées, j'ai parlé avec Abiba, une femme de 23 qui a décrit le harcèlement sexuel subi aux mains d’un travailleur humanitaire. Elle m'a dit que son groupe était arrivé par bateau à la plage de Paquitequete à Pemba, la capitale province de Cabo Delgado ; un travailleur humanitaire lui a alors offert une place dans un centre d'hébergement si elle avait des relations sexuelles avec lui. Abiba a refusé et, par crainte de harcèlement supplémentaire, n'a pas demandé d'aide aux autorités locales. Au lieu de cela, elle a préféré aller à la maison d'un proche d'une autre personne déplacée à Pemba, avec 38 autres personnes.

L'année dernière, le Centre d’intégrité publique, une organisation non gouvernementale mozambicaine, a signalé que des chefs communautaires avaient agressé sexuellement des dizaines de femmes déplacées à Cabo Delgado en échange d'aide humanitaire.

Une enquête publiée la semaine dernière par le Centre pour le journalisme d'investigation, une autre ONG mozambicaine, a révélé que certains travailleurs humanitaires exigeaient de l'argent ou des rapports sexuels avant de distribuer des colis de nourriture aux femmes dans divers camps de déplacés dans la province de Cabo Delgado.

Malheureusement, ces accusations ne sont pas nouvelles. En 2019, Human Rights avait déjà signalé que des rescapées du cyclone Idai, dans le centre du Mozambique, avait été forcées d'avoir des relations sexuelles avec des chefs communautaires en échange de nourriture.

L'exploitation sexuelle de femmes vulnérables qui ont un besoin urgent d'assistance, pour elles-mêmes et leurs familles, est cruelle et doit cesser immédiatement. Les autorités mozambicaines devraient mener des enquêtes et poursuivre de manière appropriée ceux qui utilisent leur position de pouvoir pour commettre ces crimes. Elles devraient s’assurer que les femmes et les filles qui fuient les violences puissent obtenir la protection et l'assistance dont elles ont besoin.

Texte complet en anglais : en ligne ici.

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