(Bangkok, le 5 juin 2020) - Les autorités cambodgiennes devraient enquêter d'urgence sur l'enlèvement de Wanchalearm Satsaksit, un éminent activiste pro-démocratie thaïlandais vivant en exil à Phnom Penh, et révéler publiquement leurs conclusions, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.
Human Rights Watch a exprimé sa profonde préoccupation au sujet de la sécurité de Wanchalearm.
« L'enlèvement d'un éminent activiste politique thaïlandais dans une rue de Phnom Penh exige une réponse immédiate des autorités cambodgiennes », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch. « Le gouvernement cambodgien devrait agir d'urgence pour retrouver Wanchalearm et assurer sa sécurité. »
En fin d’après-midi le jeudi 4 juin, vers 17h54, plusieurs hommes armés ont enlevé Wanchalearm dans la rue devant l’immeuble où il vit, et dont il venait de sortir pour faire des courses. Ils l’ont forcé à rentrer dans une voiture noire, selon plusieurs témoins et des vidéos enregistrées par des caméras de sécurité. Un collègue de Wanchalearm, qui parlait au téléphone avec lui lorsque l’enlèvement s’est produit, l’a entendu crier: « Ah, je ne peux pas respirer » avant que l’appel ne soit coupé.
Ni les autorités cambodgiennes ni les autorités thaïlandaises n'ont répondu aux demandes des médias concernant l'enlèvement de Wanchalearm.
Wanchalearm est un éminent activiste pro-démocratie affilié au Front uni pour la démocratie contre la dictature (United Front for Democracy Against Dictatorship, UDD), connu sous le nom de « Chemises rouges ». Il s'est enfui au Cambodge après le coup d'État militaire de mai 2014 en Thaïlande. Il continue d'être politiquement actif en exil, faisant fréquemment des commentaires critiques du gouvernement thaïlandais sur les réseaux sociaux. Le 3 juin, il avait diffusé sur Facebook son dernier clip vidéo, qui critiquait le Premier ministre thaïlandais, le général Prayuth Chan-ocha.
En juin 2018, les autorités thaïlandaises ont émis un mandat d'arrêt contre Wanchalearm, l’accusant d’avoir violé la loi sur les délits informatiques en utilisant à Phnom Penh un compte Facebook pour critiquer le gouvernement thaïlandais.
Depuis le coup d'État de mai 2014, les autorités thaïlandaises ont agressivement visé l'arrestation d’activistes pro-démocratie réfugiés dans les pays voisins. Le gouvernement thaïlandais a demandé à plusieurs reprises au Laos, au Vietnam et au Cambodge d’expulser les activistes vivant en exil sur leurs territoires. Au moins huit activistes auraient été victimes de disparitions forcées.
Communiqué complet en anglais : en ligne ici.
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