Des membres de la Force d'action spéciale (Fuerza de Acciones Especiales, FAES), une unité de la police vénézuélienne, patrouille dans le quartier Antimano de Caracas, le 29 janvier 2019.

© 2019 AP Photo/Rodrigo Abd

(Washington, le 18 septembre 2019) - Une unité de la police vénézuélienne a procédé à des exécutions extrajudiciaires et à des arrestations arbitraires dans certains quartiers démunis dont les habitants ne soutiennent plus le gouvernement du président Nicolás Maduro, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

Depuis la création de la Force d'action spéciale (Fuerza de Acciones Especiales, FAES) en tant que branche de la Police nationale bolivarienne en 2017, cette unité a commis de graves violations des droits humains en toute impunité. Les abus policiers perpétrés dans des communautés à faible revenu sont comparables à ceux commis par les forces de sécurité vénézuéliennes dans le cadre de l’Opération Libération et protection du peuple (Operación de Liberación and Protección del Pueblo, OLP), et précédemment décrits par Human Rights Watch et l’organisation vénézuélienne de défense des droits humains Provea.

« Alors que la crise économique et humanitaire frappe le plus durement les personnes pauvres, les autorités vénézuéliennes infligent des exactions flagrantes aux communautés à faible revenu qui ne soutiennent plus le régime de Maduro », a déclaré José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques à Human Rights Watch.

En juin et juillet 2019, Human Rights Watch a interrogé des membres des familles de neuf victimes de violations commises par la FAES à Caracas et dans un État vénézuélien, ainsi que des témoins, des avocats, des activistes et des journalistes couvrant les meurtres présumés perpétrés par l'unité. Les méthodes employées par la FAES et les circonstances des meurtres dans les affaires documentées par Human Rights Watch sont conformes à la tendance identifiée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et par l’organisation vénézuélienne Provea.

Depuis 2016, la police et les forces de sécurité ont tué près de 18 000 personnes au Venezuela dans des cas qualifiés par les autorités de « résistance à l'autorité ». En décembre 2017, le ministre de l'Intérieur, Néstor Reverol, a indiqué qu'il y avait eu 5 995 cas de ce type en 2016 et 4 998 en 2017. Selon les propres chiffres du gouvernement vénézuélien, les forces de sécurité ont tué presque 7 000 personnes en 2018 et au cours des cinq premiers mois de 2019, dans des incidents qualifié de « résistance à l'autorité ».

Human Rights Watch a transmis les informations concernant ses recherches à la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, qui en février 2018 a ouvert un examen préliminaire de la situation au Venezuela. En septembre 2018, les gouvernements d'Argentine, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Paraguay et du Pérou ont demandé à la Procureure de la CPI d'enquêter sur d’éventuels crimes contre l'humanité commis au Venezuela depuis le 12 février 2014. Le Costa Rica, la France et l'Allemagne ont par la suite apporté leur soutien à cette demande.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/09/18/venezuela-extrajudicial-killings-poor-areas

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Dans les médias

La Croix    L’Express

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