Huang Qi. 

(New York, le 30 juillet 2019) - Les autorités chinoises devraient annuler la peine de douze ans de prison prononcée contre l’activiste Huang Qi sur la base d’accusations infondées, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Le 29 juillet, le site Web du tribunal du Sichuan a publié la sentence pour « divulgation délibérée de secrets d'État » et « divulgation illégale de secrets d'État à l'étranger », sans que la famille de Huang n'en soit au préalable informée.

« Les accusations montées de toutes pièces contre Huang Qi reflètent l’intense hostilité du gouvernement chinois à l’égard de toute forme d’activisme pacifique », a déclaré Sophie Richardson, directrice pour la Chine à Human Rights Watch.

Huang Qi, 56 ans, est un activiste de longue date qui a créé le site web 64 Tianwang, dédié aux droits humains. En novembre 2016, il a été arrêté et accusé de « divulgation illégale de secrets d'État à l'étranger ». Les procédures à son encontre ont été entachées d’irrégularités, et d'allégations de torture et de mauvais traitements.

Les autorités ont rejeté les demandes des avocats de Huang visant à obtenir les pièces du dossier et leur ont à plusieurs reprises enjoint de ne pas parler publiquement de cette affaire. En février 2018, son avocat, Sui Muqing, a été radié du barreau ; et un an plus tard, l’avocat Liu Zhengqing qui avait remplacé Sui Muqing, a subi le même sort. En janvier 2019, Huang a été jugé par un tribunal de la ville de Mianyang, dans la province du Sichuan, lors d’audiences tenues secrètes.

En outre, la police du Sichuan a régulièrement harcelé Pu Wenqing, la mère octogénaire de Huang Qi, manifestement afin de la dissuader de s’exprimer au sujet de l’affaire de son fils. Elle a été placée en résidence surveillée sans moyens de communiquer avec le monde extérieur, et des agents du gouvernement se sont installés chez elle, durant certaines périodes.

Huang a déclaré à son avocat que d’autres prisonniers du centre de détention de Mianyang l'avaient brutalisé à plusieurs reprises. Il a également été privé de produits de première nécessité, comme du dentifrice ou du papier hygiénique.

Huang souffre de graves problèmes de santé pour lesquels il n'a pas reçu de traitement adéquat, notamment une insuffisance rénale et une inflammation des poumons, a indiqué la mère de Huang dans une selon une lettre publique de sa mère, appelant à sa libération.

Huang a précédemment passé huit ans en prison, ayant purgé deux peines de prison antérieures durant les périodes 2000-2005 et 2008-2011.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/07/30/china-harsh-sentence-rights-activist

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