Natalia Estemirova, photographiée en 2007 dans le district de Nozhai-Yurt, en Tchétchénie.

© 2007 Tanya Lokshina/Human Rights Watch

(Moscou, le 15 juillet 2019) - Dix ans après le meurtre de Natalia Estemirova, éminente défenseure des droits humains en Tchétchénie, les autorités russes n'ont toujours pas traduit en justice les responsables, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch dans une déclaration conjointe cosignée avec plusieurs autres organisations russes et internationales de défense des droits humains.

« Nous attendons toujours que le gouvernement russe mène une enquête efficace sur le meurtre de notre amie et collègue, Natalia Estemirova », a déclaré Tanya Lokshina, directrice adjointe pour l'Europe et l'Asie centrale à Human Rights Watch. « L’inaction du gouvernement à l’égard de ce crime odieux est une tache sombre qui facilite la poursuite des violations des droits humains en Tchétchénie. »

Le matin du 15 juillet 2009, Natalia Estemirova, qui travaillait au bureau de Grozny de Memorial, l’une des principales organisations russes de défense des droits humains, a été contrainte de monter dans une voiture par des agents des service de sécurité, non identifiés, près de son domicile dans la capitale de la Tchétchénie. Elle a été abattue plus tard ce jour-là dans la république russe d'Ingouchie, également située dans le Caucase du Nord. Son assassinat a aggravé le climat de peur en Tchétchénie, en servant aussi de grave avertissement aux résidents locaux qui seraient tentés de demander de l'aide à des défenseurs des droits humains.

Natalia Estemirova, qui travaillait étroitement avec Human Rights Watch, s’est vu attribuer en 2007 le prix décerné annuellement par cette organisation en reconnaissance de son « activisme extraordinaire ».

--------------

Euronews (en anglais)

Tweets
Et aussi …