Manifestation de femmes bangladaises demandant la justice pour Nusrat Jahan Rafi, une jeune femme brutalement assassinée après avoir signalé une tentative de viol, à Dhaka, le 12 avril 2019.

© 2019 NurPhoto via Getty Images

(New York, le 16 avril 2019) - Le gouvernement du Bangladesh devrait diligenter une enquête rigoureuse sur le meurtre d'une jeune femme qui étudiait dans une madrassa (école islamique) afin de traduire en justice tous les individus responsables, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le meurtre de Nusrat Jahan Rafi, qui a été assassinée après avoir déposé une plainte pour tentative de viol, devrait inciter les autorités à prendre des mesures concertées face au problème des violences sexuelles dans ce pays.

Selon la police, Nusrat Jahan Rafi, 18 ans, a été amenée sur le toit de la madrassa où elle suivait des études, dans la ville de Feni le 6 avril. Au moins quatre personnes l'ont aspergée de kérosène avant de mettre le feu à ses vêtements. Cette attaque a été commise suite au refus de la jeune femme de retirer sa plainte de tentative de viol déposée le 27 mars contre le directeur de la madrassa, Siraj-Ud-Daula. Le 10 avril, quatre jours après l’agression, Nusrat Jahan Rafi a succombé à ses brûlures qui recouvraient 80 % de son corps. Cet incident a donné lieu à travers le pays à des manifestations appelant le gouvernement à renforcer les lois relatives aux agressions sexuelles, et a faire respecter la législation déjà en vigueur.

« Le meurtre horrible d'une jeune femme courageuse qui demandait la justice reflète la faiblesse du soutien apporté par le gouvernement bangladais aux victimes d'agressions sexuelles », a déclaré Meenakshi Ganguly, directrice pour l’Asie du Sud à Human Rights Watch.

La Première ministre, Sheikh Hasina, s’est engagée à veiller à ce que les responsables de cet assassinat soient traduits en justice. Toutefois, le bilan à ce jour du gouvernement à l’égard des affaires de violence sexuelle est extrêmement médiocre.

Même dans les rares cas où les victimes osent porter plainte, selon une récente étude de l’organisation de défense des droits des femmes Naripokkho, une condamnation est très peu probable. Le taux de condamnation dans les affaires de viol n’était que 0,5 % en 2016, et a même diminué davantage encore par la suite, chutant à 0,3 % en moyenne en 2018.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/04/16/bangladesh-ensure-justice-murdered-student

-------------------

Dans les médias

CNews   Le Monde   HuffingtonPost    L’Indépendant    Courrier Int.  

FranceTVInfo   VDN    LeQuotidien.lu   Elle.fr  Figaro   AfrikMag

Tweets