Le leader de l’opposition camerounaise Maurice Kamto a été arrêté à Douala le 28 janvier pour des raisons apparemment motivées par des considérations politique.

© 2018 PIUS UTOMI EKPEI/AFP/Getty Image

Une haute juridiction du Cameroun a refusé de remettre en liberté le principal dirigeant de l’opposition, Maurice Kamto, ainsi que six de ses partisans, arrêtés en janvier sous des chefs d’inculpation aux motivations politiques.

Le Tribunal de première instance de Mfoundi, situé dans la capitale politique du Cameroun, Yaoundé, a pris cette décision à la suite d’une demande d’habeas corpus déposée par les avocats chargés de la défense des détenus.

Kamto et son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), affirment avoir remporté les élections de 2018, bien que les résultats officiels proclament vainqueur l’actuel président Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans.

Kamto et ses partisans ont été placés en détention dans le cadre de la répression massive exercée par le gouvernement à l’encontre des manifestations et des activités politiques, notamment l’arrestation de plus de 200 personnes le 26 janvier dernier. Depuis, des militants politiques sont régulièrement menacés et harcelés.

Les sept hommes sont accusés d’un certain nombre d’infractions liés à la contestation du résultat électoral, dont hostilité contre leur patrie, troubles à l’ordre public et rébellion.

Ces arrestations mettent en lumière le rétrécissement de l’espace politique au Cameroun ainsi que l’impunité avec laquelle la police peut faire fi de la loi.

Kamto a été arrêté en l’absence de mandat le 28 janvier dernier à Douala et détenu pendant 15 jours au siège du Groupement spécial d’opérations (GSO), qui n’est pas officiellement listé comme centre de détention pour les personnes en attente de jugement.

Célestin Djamen, membre du parti Kamto, a été arrêté à l’hôpital où il était en convalescence après que la police lui a tiré dans la jambe lors d’une manifestation le 26 janvier. Il a été détenu pendant 15 jours au Secrétariat d’État à la Défense (SED), qui n’est pas fait pour placer des individus en garde à vue.

Les avocats de Kamto ont déclaré ne pas avoir pu consulter leur client pendant deux jours, en violation du droit camerounais. Un avocat de Djamen a déclaré ne pas avoir vu son client avant 15 jours.

Kamto et les autres détenus n’ont été présentés au procureur que 15 jours après leur arrestation, en violation du code de procédure pénale camerounais. En outre, bien que civils, ils sont jugés par un tribunal militaire, ce qui soulève de vraies questions sur la légalité même de cette juridiction.

Ces arrestations semblent être une initiative politiquement motivée visant à juguler la dissidence, et les évènements des derniers mois mettent en cause la possibilité même d’un procès équitable pour Kamto. Les Camerounais – opposants politiques ou non – devraient pouvoir s’attendre à ce que les autorités respectent la loi au lieu de la violer de manière si flagrante.

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