Osman Kavala, figure majeure de la société civile turque.

© 2017 Anadolu Kültür

(Genève, le 21 février 2019) - Le président de la Turquie et son gouvernement devraient cesser de porter des accusations sans fondement, et le procureur d'Istanbul devrait abandonner les poursuites contre Osman Kavala et 15 autres personnes accusées de tentative de coup d’État lors des manifestations de Gezi, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. .

Les médias turcs ont rapporté le 20 février qu'un procureur d'Istanbul a finalisé un acte d'accusation de 657 pages visant Osman Kavala, un dirigeant de la société civile, et 15 autres personnes. Ces personnes sont accusées d’avoir organisé et financé les manifestations de masse de 2013 qui ont débuté dans le parc Gezi à Istanbul afin de protester contre des plans de réaménagement urbain annoncés par le gouvernement, avant de se répandre dans d’autres villes du pays. Les accusés risquent une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, en cas de condamnation pour « tentative de renverser le gouvernement ou de l’empêcher partiellement ou totalement d’exercer ses fonctions », parmi d’autres chefs d’accusation.

« Le président Erodoğan et son gouvernement ont concocté contre Osman Kavala et 15 autres personnes une affaire basée entièrement sur des motifs politiques », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Réinventer les manifestations de Gezi en tant que tentative de coup d’État organisée par Kavala et financée par divers individus est une manière cynique de réécrire l’Histoire afin de justifier l’anéantissement de la société civile indépendante en Turquie. Osman Kavala et Yiğit Aksakaloğlu devraient être libérés et les charges retenues contre tous les 16 accusés devraient être abandonnées. »

Osman Kavala se trouve en détention provisoire depuis novembre 2017. Yiğit Aksakaloğlu, un autre activiste cité dans l'acte d'accusation, a été arrêté en novembre 2018. Parmi les 14 autres personnes inculpées, et qui sont actuellement en liberté, figurent le journaliste Can Dündar, l’acteur Mehmet Ali Alabora, l’architecte Mücella Yapıcı, l’universitaire Hakan Altınay, l’avocat Can Atalay et la productrice de cinéma Çiğdem Mater. Les huit autres accusés sont Ayşe Pınar Alabora, Gökçe Yılmaz, Handan Meltem Arıkan, Hanzade Hikmet Germiyanoğlu, İnanç Ekmekci, Mine Özerden, Tayfun Kahraman; et Yiğit Ekmekçi.

Human Rights Watch a précédemment appelé à la libération de Kavala, conjointement avec Amnesty International en octobre 2018, ainsi que des autres détenus en novembre 2018.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/02/21/turkey-drop-bogus-coup-charges

---------------

Dans les médias :

ActuOrange/AFP     Le Monde    La Croix

Tweets :