(VIDÉO, sous-titres via cc) – Témoignages sur les conséquences parfois fatales d'avortements illégaux au Brésil. HRW soutient les efforts appelant à la dépénalisation de cette pratique dans ce pays, en vue d'un meilleur respect des droits des femmes et du droit à la santé.

(São Paulo, le 31 juillet 2018) – La législation brésilienne sur l'avortement est incompatible avec les obligations de ce pays en matière de droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui, à l’occasion de la diffusion d’une vidéo à ce sujet. Les 3 et 6 août 2018, Human Rights Watch interviendra lors d’audiences publiques dans le cadre d’une affaire portée devant la Cour suprême afin de contester la criminalisation de l'avortement au cours des 12 premières semaines de grossesse. Human Rights Watch exhortera la Cour à tenir compte des obligations du Brésil en vertu du droit international.

Manifestation à Sao Paulo le 19 juillet 2018, en faveur de la légalisation de l'avortement au Brésil.

© 2018 Fabio Vieira/FotoRua/NurPhoto via Getty Images

L'avortement n'est légal au Brésil que dans certaines circonstances : si la grossesse est le résultat d’un viol, si elle mettrait en danger la vie de la mère, ou si le fœtus souffre d'anencéphalie, un trouble cérébral congénital mortel. Les femmes et les filles qui mettent fin à des grossesses dans d'autres circonstances encourent jusqu'à trois ans de prison. Selon les médias, plus de 300 affaires criminelles liées à l'avortement ont été portées contre des femmes par les tribunaux en 2017. Dans un rapport publié en juillet 2017, Human Rights Watch a documenté les conséquences négatives des restrictions sur l'avortement, sur la propagation de l'épidémie de Zika au Brésil.

« Aucune femme ou fille ne devrait être obligée de choisir d’une parte entre une grossesse non désirée et d’autre part un avortement clandestin et dangereux pour sa santé », a déclaré José Miguel Vivanco, directeur Amériques à Human Rights Watch.

Les organes des Nations Unies qui interprètent le droit international relatif aux droits humains ont déterminé que refuser l'accès à l'avortement aux femmes et aux filles constitue une forme de discrimination qui porte atteinte à divers droits, y compris le droit à la santé, et le droit de pouvoir choisir soi-même le nombre de ses enfants.

Communiqué intégral (plus détaillé) en anglais) :

www.hrw.org/news/2018/07/31/brazil-decriminalize-abortion

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