Un membre de l’organisation Medical Aid for Palestinians (MAP), chargé en 2015 de transporter d’urgence un nourrisson âgé de six jours à un hôpital à Naplouse (Cisjordanie) afin qu’il y soit soigné, attend au poste-frontière d’Erez, situé au nord de la Bande de Gaza. Ce point de passage est obligatoire pour pouvoir se rendre en Israël, et dans un deuxième temps, en Cisjordanie.

© 2015 Medical Aid for Palestinians (MAP)

(Jérusalem, le 13 février 2018) - Le très faible nombre de permis délivrés par Israël aux Palestiniens nécessitant un traitement médical vital à l'extérieur de de Gaza met en lumière l’urgence de mettre fin à la fermeture de ce territoire, ont déclaré conjointement aujourd’hui le Centre Al-Mezan pour les droits de l'homme, Amnesty International, Human Rights Watch, Medical Aid for Palestinians (MAP) et Physicians for Human Rights Israel (PHRI). En outre, les retards pris en 2017 par l'Autorité palestinienne dans l’approbation de documents ainsi que la fermeture par l'Égypte du passage frontalier à Rafah ont restreint davantage encore la liberté de circulation, aggravant ainsi les souffrances des résidents.

En 2017, les autorités israéliennes n’ont approuvé que 54 % des demandes de permis de traitement médical à l’extérieur de Gaza, soit le taux le plus bas depuis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a commencé à recueillir des statistiques à ce sujet en 2008. Selon l'OMS, 54 Palestiniens – dont 46 atteints d’un cancer – sont décédés en 2017 suite au refus de leur délivrer un tel permis, ou suite au retard pris dans le traitement de la demande.

« Nous constatons qu'Israël rejette ou retarde de plus en plus souvent les demandes d'accès à un traitement de cancer ou d’autres maladies à l'extérieur de Gaza, contribuant ainsi à la hausse choquante du nombre de décès de patients palestiniens. En même temps, le système de santé de Gaza, affaibli par un demi-siècle d'occupation et une décennie de blocus, est de moins en moins capable de répondre aux besoins des résidents », a déclaré Aimee Shalan, présidente de MAP.

Israël devrait lever les restrictions illégales de la liberté de circulation des résidents de la Bande de Gaza, en particulier des personnes souffrant d'importants problèmes de santé, ont déclaré les organisations.

Au cours des deux dernières décennies, et en particulier depuis l’imposition d’un blocus terrestre, aérien et maritime en 2007, Israël a en grande partie maintenu la fermeture des frontières de la Bande de Gaza, privant ainsi de manière illégale ses résidents de leurs droits fondamentaux. Les Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et d’autres organisations ont qualifié cette politique de « punition collective » et ont appelé Israël à lever le blocus

Les habitants palestiniens de Gaza ont raté au moins 11 000 rendez-vous médicaux prévus en 2017, suite au refus par les autorités israéliennes d’approuver leurs demandes de permis, ou en raison des retard pris dans le traitement des demandes.

« Il est inadmissible qu'Israël ait empêché tant de personnes gravement malades d’obtenir des soins médicaux qui auraient pu leur sauver la vie », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le contrôle qu’exerce Israël sur les entrées à Gaza et les sorties de ce territoire engendre l’obligation de faciliter - et non d’entraver - l'accès à l’aide humanitaire. »

Communiqué intégral en anglais, avec davantage d’informations :

www.hrw.org/news/2018/02/13/israel-record-low-gaza-medical-permits

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