Une femme soldat monte la garde devant l'entrée d'une prison pour femmes près de Chongsong, en Corée du Nord, le 31 mai 2009.

© 2009 Reuters

(Genève, le 6 novembre 2017) - Le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes devrait exhorter le gouvernement de la Corée du Nord à mettre fin aux abus physiques et sexuels commis par les forces de sécurité et les gardiens de prison à l’encontre des femmes détenues, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le 8 novembre, des représentants du Comité de l'ONU tiendront une réunion avec des représentants du gouvernement nord-coréen, à l’occasion de sa 68e session plénière.

En avril 2016, le gouvernement nord-coréen a soumis au Comité un rapport recouvrant la période 2002-2015. Il s’agit du deuxième rapport transmis par la Corée du Nord depuis sa ratification en 2001 de la Convention sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW).

Human Rights Watch a mené des entretiens avec huit femmes ayant subi des abus psychologiques, physiques et sexuels lors de leur détention au cours de la période couverte par l'examen du comité CEDAW. Parmi les auteurs d’abus figuraient des policiers menant des interrogatoires au nom de l'Agence de sécurité du peuple (People’s Security Agency, PSA), des agents du Département de la sécurité de l'État (State Security Department SSD, ou « bowibu ») et des gardiens dans divers centres de détention.

« Le Comité CEDAW devrait poser des questions pointues au sujet du traitement des femmes incarcérées en Corée du Nord », a déclaré Heather Barr, chercheuse senior auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Des preuves claires indiquent que ces femmes sont soumises à des violences physiques et sexuelles commises en toute impunité, même si Pyongyang continue de nier que ces exactions aient lieu. »

Les recherches menées par Human Rights Watch concordent avec les constats d'un rapport publié en 2014 par la Commission d'enquête de l’ONU sur les droits de l'homme en Corée du Nord, qui révélait que des crimes contre l'humanité avaient été commis contre des personnes détenues dans des camps de prisonniers politiques (« kwanliso ») et des camps de prisonniers ordinaires (« kyohwaso »), y compris des « viols, avortements forcés et autres violences sexuelles » à l’encontre de détenues. Le rapport a également noté que les femmes nord-coréennes étaient « victimes de violences sexuelles et sexistes dans toutes les couches de la société ».

Communiqué intégral et détaillé en anglais :

www.hrw.org/news/2017/11/06/un-expose-abuses-women-detention-north-korea