Capture d'écran d'une vidéo montrant une attaque lors de laquelle des bombes à sous-munitions ont été larguées à Qalaat Al-Madiq, en Syrie, en septembre 2017.

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(Beyrouth, le 31 octobre 2017) -  Au cours des dernières semaines, les forces russes et syriennes ont conjointement mené des frappes aériennes illégales qui ont tué des civils dans le nord de la Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les attaques qui se poursuivent encore et le manque de voies d'évacuation mettent en évidence les dangers auxquels sont confrontés les civils dans cette région et mettent à mal l’idée selon laquelle Idlib  pourrait être considéré comme un lieu sûr pour les civils.

Des avions russes et syriens ont mené des attaques dans la province d'Idlib et aux alentours le 19 septembre 2017. Un porte-parole du ministère russe de la Défense a déclaré qu'il s’agissait d’une riposte à une offensive à grande échelle menée par le groupe armé Hay'et Tahrir al-Sham (HTS), qui comprend des combattants du groupe Jabhat Fath al-Sham, précédemment connu sous le nom de Jabhat al-Nusra, une filiale d'Al-Qaïda. Toutefois, les preuves recueillies par Human Rights Watch indiquent que certaines attaques ont frappé des marchés et des zones résidentielles densément peuplées, y compris des camps de personnes déplacées. Les attaques ont utilisé des armes à sous-munitions et des armes explosives dans des zones fortement peuplées.

« Deux millions de civils à Idlib sont pris au piège », a déclaré Nadim Houry, directeur du programme Terrorisme et lutte antiTerroriste à Human Rights Watch. « Loin d’être une zone de sécurité, la région d’Idlib est en partie devenue une zone de la mort’ sans issue de secours. »

La Turquie semble avoir fermé sa frontière aux abords de la province d'Idlib, empêchant ainsi l’arrivée de nouveaux réfugiés syriens. Selon les Nations Unies, près de deux millions de civils se trouvent actuellement dans la province d'Idlib, dont la moitié sont des personnes déplacées.

Human Rights Watch a enquêté sur trois frappes aériennes menées après le 19 septembre. Ces trois attaques ont fait au moins 72 morts, dont au moins neuf enfants, selon des témoins et secouristes. Human Rights Watch a également examiné des photos et vidéos montrant des fragments d'armes à sous-munitions dispersées lors de quatre autres attaques, dont l’une aurait tué au moins deux civils, selon des témoins et des résidents.

La Russie et la Syrie ont l’obligation de respecter les lois de la guerre dans le cadre de leurs opération militaire, et de prendre toutes les précautions possibles pour éviter les pertes civiles, a souligné Human Rights Watch.

Communiqué intégral et détaillé en anglais :

https://www.hrw.org/news/2017/10/31/russia/syria-deadly-airstrikes-trapped-civilians