Alors que les températures ont chuté en dessous de zéro, les violences policières contre les migrants se multiplient à Paris. Ils sont dépossédés de force de leurs couvertures et sacs de couchage, selon Médecins sans Frontières (MSF) et l’association P’tits déj à Flandres. Les duvets sont ensuite jetés à la benne, témoignent les volontaires du collectif parisien, privant les migrants de toute protection contre le froid glacial. En deux semaines, les équipes médicales de MSF ont pris en charge huit personnes migrantes au bord de l’hypothermie.

Un agent de police anti-émeute surveille les tentes d'un campement pour migrants près de la station de métro Stalingrad, à Paris, le 4 novembre 2016, date à laquelle ce campement provisoire a été démantelé.

© 2016 Reuters

S’ajoutant à cela, dénoncent les associations, les policiers font usage de gaz lacrymogène, et empêchent même les migrants de s’assoir dans l’interminable file d’attente devant le centre d’accueil récemment ouvert par la Mairie de Paris, porte de la Chapelle.

De tels abus par la police seraient aussi inacceptables que dangereux. Ces allégations viennent s’ajouter à celles d’autres acteurs, dont Human Rights Watch, ayant mis en lumière des violences policières contre des migrants à Calais, y compris contre des enfants non accompagnés.

Les migrants font face à une situation critique depuis des mois dans la capitale, face à l’engorgement du système d’asile, au nombre insuffisant de places d’accueil et la détermination de la police à dissuader le moindre regroupement qui pourrait s’apparenter à un campement provisoire dans les rues de Paris. Le centre d’accueil temporaire pour migrants, d’une capacité de 400 places, a très vite été saturé et des dizaines de personnes en sont réduites à faire la queue, avant l’aube et par des températures glaciales, dans l’espoir de trouver un abri… que peu d’entre elles obtiendront.

Le Ministre français de l’Intérieur, Bruno Le Roux, a fermement récusé toute accusation de harcèlement policier, déplorant à la place « ce sport national de mise en cause des policiers ». Les autorités françaises n’ont pour autant pas montré leur intention d’investiguer ce qui serait des pratiques odieuses contre des personnes en situation de vulnérabilité extrême. 

L’augmentation des capacités de traitement des dossiers d’admission dans le centre pour migrants annoncée par la Préfecture, et l’ouverture, la semaine prochaine, d’un nouveau lieu d’accueil dédié aux familles sont des avancées positives. Mais elles restent insuffisantes et ne sauraient dispenser les autorités françaises de leur devoir de mettre un terme à toute réponse inhumaine à la détresse des migrants.