(Paris) – Lors de sa visite en Chine, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault devrait publiquement appeler Pékin à mettre un terme à la répression contre les défenseurs des droits humains et les avocats, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans une lettre au ministre. Jean-Marc Ayrault doit arriver en Chine le 29 octobre 2016.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et le président chinois Xi Jinping photographiés au Palais du Peuple à Pékin, en décembre 2013.

« Lors de précédentes visites les responsables français se sont appuyées sur des déclarations vagues concernant le besoin de respecter les principes des droits humains, mais n’ont pas critiqué les violations du droit par Pékin », selon Bénédicte Jeannerod, Directrice France de Human Rights Watch.

Sous la présidence du Président Xi Jinping, la situation des droits fondamentaux est devenue catastrophique, selon Human Rights Watch.

En juillet 2015, plus de 300 avocats et militants des droits humains ont été arrêtés dans le cadre d’une rafle à travers tout le pays – et une vingtaine d’entre eux sont toujours en détention. Les autorités chinoises continuent d'adopter des lois extrêmement restrictives dans des domaines allant de la cyber-sécurité au traitement des organisations de la société civile, et refusent de prendre en considération les revendications des minorités ethniques et des communautés religieuses.

Le Ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et d’autres responsables français devraient publiquement appeler à la fin de la répression contre la société civile et à la libération de personnes injustement détenues, dont Liu Xiaobo et Ilham Tohti. Jean-Marc Ayrault devrait aussi interpeller ses partenaires chinois sur l’usage de la peine de mort par la Chine, ainsi que sur les enlèvements de ressortissant étrangers qu’elle pratique.

« La France et le Ministre Jean-Marc Ayrault devrait unir leur voix à celles du concert grandissant des nations dénonçant publiquement ces abus, et le faire de manière à ce que les Chinois à travers le pays puisse l’entendre », a ajouté Bénédicte Jeannerod.