(New York, le 25 octobre 2015) - Au moins deux frappes aériennes menées le 15 octobre dans le nord de la province de Homs, en Syrie,  probablement par des forces russes selon les résidents locaux, ont apparemment violé les lois de la guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces deux frappes ont tué 59 civils dont 33 enfants, ainsi que le commandant d’un groupe local d'opposition armé, selon les résidents. Human Rights Watch a exhorté la Russie à enquêter sur ces deux attaques.

L’une des deux frappes aériennes – la plus meurtrière – a été menée contre une maison dans le village de Ghantou, où les nombreux membres d’une famille du nom d’Assaf s’étaient réfugiés. Selon des secouristes et activistes locaux, cette frappe a tué 46 membres de la famille – 32 enfants, 12 femmes et deux hommes – qui étaient tous des civils. Un autre membre de cette famille, le commandant d’une branche locale de l’Armée syrienne libre (ASL), un groupe armé d’opposition, était absent lors de l’attaque et se trouvait sur l’une des lignes de front.

La deuxième frappe aérienne a touché une boulangerie dans la ville de Ter Maaleh, non loin de Ghantou, et selon des témoins locaux, a tué au moins 13 civils ainsi qu'un commandant local de l’ASL. On ignore si cet homme, un ancien soldat de l'armée syrienne qui a fait défection, était la cible visée, puisque ni la Syrie ni la Russie n’ont  émis de déclaration officielle au sujet des deux frappes du 15 octobre.

« Les civils syriens dans le nord de la province de Homs n’ont nulle part où se réfugier ou fuir alors que les combats s’intensifient », a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les forces syriennes et russes menant des frappes aériennes doivent prendre toutes les précautions possible pour protéger les civils et leur permettre de quitter la région si elles souhaitent. »

Selon un rapport de la Commission d'enquête des Nations Unies  sur la Syrie, les forces gouvernementales syriennes dans le gouvernorat de Homs « procèdent régulièrement à des arrestations arbitraires, confisquent les vivres et d’autres produits de base et empêchent les malades et les blessés d’accéder à une assistance médicale ».

La Syrie et la Russie sont tenues de respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, qui interdit la prise pour cible de civils.  Les attaques menées sans discernement ou de manière disproportionnée, ou lors desquelles les pertes civiles et dommages aux biens de caractère civil sont « excessifs par rapport à l'avantage militaire concret et direct attendu » sont susceptibles de constituer de graves violations des lois de la guerre, et doivent faire l’objet d'enquêtes selon le droit international.

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2015/10/25/russia/syria-possibly-unlawful-russian-air-strikes

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