Le Secrétaire d'État américain John Kerry et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lors d’une réunion au Caire, le 22 juillet 2014.

© 2014 Reuters

(Beyrouth, le 19 août 2015) – La nouvelle loi antiterroriste promulguée en Égypte renforce la capacité des autorités à imposer de lourdes peines, y compris la peine de mort, pour des crimes présumés selon une nouvelle définition du terrorisme formulée de manière si vague qu’elle pourrait même concerner des actes de désobéissance civile, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui . Le président Abdel Fattah al-Sissi a promulgué cette loi le 15 août.

La nouvelle loi confère en outre aux procureurs un pouvoir élargi, leur permettant d’une part de demander le placement en détention de suspects sans contrôle judiciaire, et d’autre part d’ordonner la surveillance à durée potentiellement illimitée de personnes suspectées de terrorisme, sans devoir obtenir au préalable une ordonnance du tribunal.

« En promulguant cette nouvelle loi à vaste portée, le président al-Sissi a fait un pas de plus vers l’instauration d'un état d'urgence permanent en Égypte », a observé Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

La nouvelle loi criminalise la publication ou diffusion d’informations relatives au terrorisme si elles contredisent les déclarations officielles du ministère de la Défense, et permet aux tribunaux d'interdire temporairement aux journalistes d'exercer leur profession s’ils sont jugés coupables d’une telle infraction.

 

Communiqué intégral en anglais :

https://www.hrw.org/news/2015/08/19/egypt-counterterrorism-law-erodes-basic-rights

 

Dans la presse :

Metro/AP 17.08.15