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Les images du chaos à Calais mardi alors que des demandeurs d’asile et des migrants tentaient de grimper à bord de camions à destination du Royaume-Uni sont choquantes. Pas parce que le Royaume-Uni est menacé par une invasion de personnes qui veulent profiter des contribuables britanniques ou leur voler leurs emplois - elles sont choquantes parce qu’elles montrent à quel point un nombre croissant de personnes sont désespérées. Ces hommes, ces femmes et ces enfants ont abandonné leurs familles, leurs emplois, leurs études et leurs maisons dans des pays comme le Soudan, l’Érythrée et l’Afghanistan parce qu’ils estimaient qu’ils n’avaient pas le choix.

Alors que je me trouvais à Calais l’hiver dernier pour documenter les violences de la police française contre des demandeurs d’asile et des migrants dans cette région, je me suis entretenue avec des personnes qui avaient fui la guerre et les violations des droits humains dans leurs pays, craignant pour leurs vies. Ayant survécu à la traversée coûteuse et extrêmement dangereuse de la Méditerranée, un grand nombre de ces personnes avaient réussi à traverser l’Italie et la France, pour tenter de trouver un camion dans lequel se cacher, dans l’espoir que le Royaume-Uni pourrait leur offrir le refuge qu’elles n’avaient pu trouver ailleurs.

A mesure que le nombre de personnes traversant la mer vers l’Italie et la Grèce continue d’augmenter, celui des demandeurs d’asile et des migrants à Calais grandit lui aussi. Il existe un refuge pouvant accueillir 100 femmes et enfants, mais tous les autres se trouvent dans un camp de fortune. Un centre ouvert seulement pendant la journée propose un repas par jour, des douches et en endroit pour recharger les téléphones portables, mais il est conçu pour 1 500 personnes, soit la moitié de ce qui serait nécessaire.

La réponse prévisible du ministre de l’Immigration du Royaume-Uni, James Brokenshire, à la crise la plus récente à Calais a été l’annonce de ressources supplémentaires pour combattre les gangs criminels organisés impliqués dans le trafic de migrants. Mais de telles mesures seront insuffisantes pour répondre aux facteurs qui incitent les personnes à fuir leurs pays d’origine. La solution doit commencer par le traitement humain des personnes se trouvant à Calais, et par la reconnaissance du fait que les problèmes à Calais ne sont que le symptôme d’une crise plus vaste.

Lors de la rencontre des dirigeants du Royaume-Uni, de la France et d’autres pays européens à Bruxelles jeudi, ils devraient soutenir les propositions modestes de la Commission européenne relatives à une répartition plus équitable des demandeurs d’asile, s’entendre sur une réinstallation généreuses des réfugiés, et faciliter la réunification familiale. Sinon, le chaos à Calais et en Méditerranée ne fera que s’aggraver, et les premiers à en souffrir seront ceux qui n’ont déjà que trop souffert.

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