Le photographe iranien Soheil Arabi avec sa fille Rojan, âgée de 5 ans.

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(New York, le 2 décembre 2014) – Les autorités judiciaires iraniennes devraient annuler la condamnation à mort visant un homme de 30 ans jugé suite à des messages diffusés sur Facebook et qui risque d’être exécuté à tout moment, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le 24 novembre, la Cour suprême de l'Iran a confirmé le verdict prononcé en première instance par le tribunal pénal qui a condamné Soheil Arabi à la pendaison. Le dossier a été transféré à l’unité responsable de l’application des jugements de la Cour, d’où le risque d’une exécution imminente.

En août dernier, un tribunal pénal de Téhéran a reconnu Soheil Arabi coupable de  d’« outrage au Prophète [Mahomet] » (« sabb al-Nabi »), un crime passible de la peine de mort selon le code pénal iranien. Son avocat a demandé aux autorités judiciaires de suspendre le verdict et de réexaminer cette affaire.

« Il est aberrant qu’une personne puisse être condamnée à la pendaison simplement pour avoir diffusé sur Internet des messages perçus comme vulgaires, offensants ou insultants », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « L'Iran devrait réviser d'urgence son Code pénal afin d’en supprimer les articles qui criminalisent la liberté d'expression pacifique, en particulier ceux qui prévoient la peine de mort en cas d’infraction. »

Vahid Moshkani, l’avocat de Soheil Arabi, a indiqué à Human Rights Watch que la Cour suprême a rejeté les arguments de la défense, selon lesquels Arabi n’avait pas rédigé lui-même plusieurs messages jugés offensants, mais les avait simplement partagés sur son compte Facebook. Or, l'article 263 du Code pénal islamique révisé, en vigueur en Iran, prévoit qu'une personne qui « insulte le Prophète » alors qu’elle est en état d'ivresse ou cite les propos d’autres personnes, parmi d’autres circonstances atténuantes, sera condamnée à 74 coups de fouet et non à la peine de mort.

L'Iran réprime durement la liberté d’expression, avec un nombre particulièrement élevé d’écrivains emprisonnés, selon Reporters sans frontières. En juillet 2014, au moins 65 journalistes, blogueurs et d'autres militants des médias sociaux étaient incarcérés après avoir été condamnées pour divers propos exprimés oralement ou par écrit. En mai 2014, la police iranienne a arrêté quatre jeunes hommes et trois jeunes femmes ayant dansé dans un clip vidéo viral diffusé sur YouTube, qui mettait en scène la chanson « Happy ».

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