Un manifestant palestinien muni d’une fronde, lors d'affrontements avec les troupes israéliennes à proximité de la prison d'Ofer, près de Ramallah (Cisjordanie), le 15 mai 2014.

© 2014 Reuters

(Jérusalem, le 8 juin 2014) - Divers témoignages ainsi que l’analyse de vidéos, de photos et de dossiers médicaux indiquent que deux adolescents de 17 ans abattus par des soldats israéliens le 15 mai 2014 ne posaient pas de menace imminente à ces soldats lorsque ceux-ci ont tiré, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les deux adolescents, qui participaient à une manifestation en Cisjordanie, ont apparemment été tués par des tirs à balles réelles, a ajouté Human Rights Watch.

Les images vidéo examinées par Human Rights Watch montrent clairement l’action de soldats israéliens tirant dans la direction des deux adolescents, Nadim Nawareh et Mohammed Salameh, suivis de la chute des deux victimes. Les dossiers médicaux indiquent que les deux adolescents sont décédés de tirs à balles réelles subis à la poitrine, et qu’un troisième adolescent, Mohammed Azza, 15 ans, a été  grièvement blessé par de tels tirs. Des témoins ont affirmé avoir reconnu le bruit de tirs à balles réelles, un son qui est nettement différent du bruit fait par des tirs de balles en caoutchouc.

« Tout meurtre délibéré de civils par les forces de sécurité israéliennes dans le cadre de l'occupation constituerait un crime de guerre », a rappelé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Le gouvernement israélien a la responsabilité de traduire en justice les soldats qui ont tiré sur ces adolescents, ainsi que les individus qui sont responsables de la décision d’utiliser des balles réelles contre des manifestants. »

L'armée israélienne a déclaré qu'elle enquêtait sur cet incident, tout en niant que les soldats aient tiré à balles réelles, et en affirmant qu’ils avaient recouru uniquement à des tirs de balles en caoutchouc et à des gaz lacrymogènes. Toutefois les balles en caoutchouc sont spécifiquement conçues pour ne pas pénétrer les corps de personnes, ce qui rend improbable l’hypothèse qu’à une distance d'au moins 60 mètres, de telles balles auraient pu mortellement blesser Nawareh et Salameh, et grièvement blesser Azza. La famille de Nawareh a récupéré une balle réelle, suspectée d’être éventuellement la balle qui l'a tué.

Toute infraction commise par les forces de sécurité israéliennes dans le cadre de l'occupation de territoires, telles que les attaques délibérées contre des civils, est susceptible de faire l'objet de poursuites en tant que crime de guerre, au regard du droit international humanitaire.

« Les alliés d'Israël devraient presser ce pays de mettre fin à l’impunité des forces de sécurité illustrée par cet incident,  et l’Autorité palestinienne devrait solliciter la compétence de la Cour pénale internationale a cet égard », a ajouté Sarah Leah Whitson.

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