Manifestation devant le Congrès américain à Washington, le 26 juin 2013, appelant à une révision des lois sur l'immigration.

© 2013 Reuters

(Washington) – Le Congrès américain devrait poursuivre les avancées réalisées en 2013 et adopter cette année une réforme de l’immigration, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2014.

En juin, le Sénat a adopté un projet de loi qui devait permettre à des millions d'immigrants illégaux d'obtenir la citoyenneté et devait favoriser une meilleure prise en compte du droit à l’unité familiale dans le cadre des décisions d'expulsion. Le projet de loi aurait permis d’assurer une meilleure cohérence entre les pratiques en matière d’application des lois sur l’immigration et en matière de détention et les obligations des États-Unis en termes de droits humains ; toutefois, la Chambre des représentants a retardé l’adoption de cette proposition.

« La réforme de l’immigration devrait être une priorité majeure pour les législateurs en 2014 », a déclaré Alison Parker, directrice du programme États-Unis à Human Rights Watch. « Le Congrès devrait s’emparer du large soutien national en faveur d'une réforme de l'immigration pour créer un système plus juste, plus efficace et plus humain. »

Dans son rapport de 667 pages, Human Rights Watch se penche sur les pratiques en matière de droits humains dans plus de 90 pays. Les massacres massifs de civils en Syrie ont suscité un sentiment d’horreur, mais peu d’actions ont été menées par les leaders mondiaux pour y mettre fin, a indiqué Human Rights Watch. La réactivation de doctrine de la « responsabilité de protéger » semble avoir empêché des atrocités de masse en Afrique. Les majorités au pouvoir en Égypte et dans d’autres pays ont étouffé les voix dissidentes et réprimé les droits des minorités. Le rapport examine également les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance des États-Unis et leurs répercussions à l’échelle mondiale.

Il est essentiel de procéder à une réforme de l’immigration complète, a déclaré Human Rights Watch. Ceci impliquerait entre autres de favoriser l’obtention d’un statut juridique pour les migrants sans papier, de défendre et respecter les familles, de protéger les immigrants des crimes et des abus dans le milieu du travail, de protéger leur droit à des procédures équitables et d’axer les actions en matière d'exécution des lois sur les véritables menaces à la sécurité.

En 2013, la politique américaine sur les questions de droits s’est améliorée dans un certain nombre de domaines avec notamment le renouvellement de la loi sur la violence contre les femmes (Violence Against Women Act, VAWA), la décision de la Cour suprême des États-Unis autorisant la reconnaissance à l’échelle fédérale des mariages entre personnes de même sexe qui ont été approuvés à l'échelle de l’état, les nouvelles politiques du ministère de la Justice sur la non-ingérence dans les décisions des états concernant la légalisation de la marijuana, la réduction des poursuites contre certains accusés dans des affaires de drogue et des réformes menées en Californie en matière de condamnation des jeunes délinquants.

Les documents confidentiels mis au jour en 2013 par Edward Snowden, l’ancien consultant de la NSA, agence nationale de sécurité américaine, ont révélé que les États-Unis se sont secrètement servi de leurs pouvoirs de surveillance pour capturer de façon systématique des flux de données considérables auprès de sociétés et à partir de nœuds de communications à la fois aux États-Unis et à l’étranger, tout cela avec une surveillance minimale des tribunaux et du Congrès.

En mai, le président Barack Obama a réitéré sa promesse de fermer la prison de Guantanamo mais 155 personnes y sont toujours détenues, la plupart n'ayant aucune charge retenue contre elles. À la fin de l’année, une loi a été votée pour faciliter le retour des détenus dans leur pays ou dans un pays tiers.

Les États-Unis ont utilisé des drones dans des massacres ciblés, notamment au Pakistan et au Yémen. En réponse semble-t-il aux critiques concernant le grand nombre de victimes civiles, Obama a annoncé en mai dernier qu’une politique de limitation des attaques serait mise en œuvre.

Les frappes qui ont tué de nombreux civils ont soulevé des questions quant à la mise en œuvre de la politique qui reste classée confidentielle. L'administration doit encore justifier, d’un point de vue légal, ses massacres ciblés au regard de la loi américaine et de la loi internationale.