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(Kaboul, le 25 novembre 2013) - Le gouvernement afghan devrait immédiatement rejeter une proposition visant à rétablir la lapidation comme punition pour l'adultère , a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Un groupe de travail qui collabore actuellement  sous l’égide du ministère de la Justice à la rédaction d'un nouveau code pénal a proposé des dispositions qui prévoiraient la lapidation pour certains « crimes contre la moralité » comme les rapports sexuels en dehors du mariage.

Les donateurs internationaux, y compris ceux qui soutiennent le processus de réforme juridique en Afghanistan, devraient signaler clairement au président Hamid Karzaï que l'inclusion de la lapidation dans le nouveau code pénal aurait un effet négatif immédiat sur ​​l’apport de fonds à son gouvernement, selon Human Rights Watch.

« Il est absolument scandaleux que douze ans après la chute du gouvernement taliban, l'administration Karzaï envisage de rétablir la lapidation en tant que châtiment », a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch. « Le président Karzaï devrait faire preuve d’un engagement ferme en faveur des droits humains, et rejeter catégoriquement cette proposition. »

Le projet de révision du code pénal qu’a pu examiner Human Rights Watch prévoit que si deux personnes mariées sont jugées coupables par un tribunal d’avoir eu des rapports sexuels en dehors de leurs mariages respectifs, l'homme et la femme pourraient encourir la « peine de mort par lapidation ».  La sentence serait appliquée dans un lieu public.  Si l’une des deux personnes n’est pas mariée, son châtiment consisterait en « 100 coups de fouet ».

La peine de mort par lapidation constitue une violation flagrante des normes internationales relatives aux droits humains, notamment celles concernant l'interdiction de la torture et des châtiments cruels et inhumains. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que l'Afghanistan a ratifié, permet aux pays qui continuent d'appliquer la peine de mort - une minorité qui ne fait que décroître - de n’appliquer cette peine que pour les crimes les plus graves, dont l’adultère ne fait pas partie. Human Rights Watch s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances, en raison de sa cruauté intrinsèque

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France Info 25.11.13 :