Bosco Ntaganda à Goma, RD Congo, le 5 octobre 2010.

(La Haye) – Le chef rebelle congolais Bosco Ntaganda se trouve à bord d’un avion qui l’emmène à La Haye, où il va devoir faire face à la justice devant la Cour pénale internationale (CPI), près de sept ans après que celle-ci ait émis son premier mandat d’arrêt contre lui.

« L’arrivée de Bosco Ntaganda à La Haye constituera une grande victoire pour les victimes d’atrocités commises dans l’est de la RD Congo et pour les activistes locaux qui ont œuvré à son arrestation, souvent en prenant des risques importants », a déclaré Géraldine Mattioli-Zeltner, directrice de plaidoyer au sein du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « Le procès tant attendu de Ntaganda soulignera le rôle important de la CPI afin que justice soit rendue pour les pires crimes commis dans le monde, lorsque les tribunaux nationaux n’ont pas la capacité ou la volonté de le faire.»

Dans un retournement de situation inattendu, Ntaganda s’était rendu volontairement à l’ambassade des États-Unis à Kigali, au Rwanda, le 18 mars 2013, et avait demandé à être transféré à la CPI. Un grand nombre de gouvernements, et tout particulièrement les États-Unis, réclamaient depuis des années que Ntaganda soit traduit en justice.

En 2006 et 2012, la CPI a émis deux mandats d’arrêt à l’encontre de Ntaganda pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont des meurtres, des viols, des faits d'esclavage sexuel, le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, ainsi que des pillages commis lors du conflit de l’Ituri, dans le nord-est de la RD Congo en 2002-2003.

L’arrivée de Ntaganda devant la cour marquera la fin de plus d’une décennie d’implication dans de graves violations des droits humains commis dans l’est de la RD Congo. Human Rights Watch a documenté une tendance constante des troupes se trouvant sous le commandement de Ntaganda à commettre de graves crimes internationaux au fil des ans et a régulièrement appelé à ce qu’il soit arrêté et traduit en justice.