(New York, le 22 mars 2012) - Les forces de sécurité syriennes sont en train de commettre de graves exactions en menant une campagne militaire contre Al-Qusayr, une ville d'environ 40 000 habitants située dans le gouvernorat de Homs, à proximité de la frontière libanaise, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Des témoins ont décrit un bombardement intense de quartiers résidentiels, des tireurs embusqués prenant pour cible des personnes dans la rue, et des attaques contre des habitants qui tentent de fuir. Les conditions humanitaires sont déplorables, cette ville étant désormais affectée par une pénurie de nourriture et d’eau, des pannes de communication et un accès à l’assistance médicale devenu quasiment impossible.

Dix-huit témoins des événements à Al-Qusayr, y compris un journaliste étranger qui a séjourné dans cette ville du 8 au 15 mars, ont décrit les bombardements par les forces de sécurité, les attaques contre les personnes cherchant à s’échapper, et les tirs de snipers visant des habitants. Ces témoignages reflètent des tactiques semblables à celles utilisées par les forces gouvernementales contre les villes d’Idlib et de Homs, précédemment documentées par Human Rights Watch, ce qui tend à indiquer l’existence d’une politique coordonnée à l’origine de ces abus.

« Après leur siège sanglant de Homs, les forces du président Assad sont en train d’appliquer les mêmes méthodes brutales à Al-Qusayr », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Ayant connaissance de la dévastation subie par Homs, le gouvernement russe doit cesser de vendre des armes au gouvernement syrien, faute de quoi il risque de devenir lui-même plus impliqué encore dans ces violations des droits humains. »

Le 21 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé à l'unanimité une déclaration exhortant le gouvernement syrien à  « mettre immédiatement fin aux mouvements de troupes en direction des agglomérations », « cesser d’utiliser des armes lourdes en ces lieux » et « assurer l’acheminement de l’aide humanitaire en temps voulu dans toutes les zones touchées par les combats ». Le Conseil a également pressé le gouvernement syrien d’« accélérer et multiplier les mesures d’élargissement [libération] de personnes arbitrairement détenues » et d’ « assurer aux journalistes la liberté de circulation dans tout le pays ».

Human Rights Watch a appelé la Russie et la Chine à indiquer clairement que si le président Bachar al-Assad ne donne pas rapidement une suite favorable à cette déclaration, ces deux pays apporteront leur soutien à la prise de nouvelles mesures par le Conseil de sécurité. Human Rights Watch a notamment recommandé au Conseil de sécurité de décréter un embargo sur la vente d’armes au gouvernement syrien, l’imposition de sanctions ciblées contre les dirigeants syriens impliqués dans des violations des droits humains, et à saisir la Cour pénale internationale sur la situation en Syrie.

« Chaque journée d’inaction internationale ne fait que contribuer à la détérioration de la situation en Syrie », a averti Sarah Leah Whitson. « Chaque jour où la Russie et la Chine retardent encore l’adoption de mesures par le Conseil de sécurité des Nations Unies, des Syriens sont tués. »

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