Le président américain Barack Obama, lors d'une conférence de presse dans la Maison Blanche, le 5 décembre 2011.

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(Washington, le 11 janvier 2012) - La signature par le président américain Barack Obama d'un projet de loi permettant la détention indéfinie sans jugement, quelques jours à peine avant le 10e anniversaire de l’arrivée des premiers détenus à Guantanamo, confirme l’importance de la fermeture immédiate ducentre de détention, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre adressée au président Obama le 10 janvier 2012.

Les dispositions du National Defense Authorization Act (NDAA) qui ordonnent l’incarcération de certains terroristes présumés dans des centres de détention militaire et qui codifient, dans le droit américain, cette détention illimitée sans procès, sont un complet désaveu de la politique de lutte contre le terrorisme annoncée par le président Obama à sa prise de fonctions, selon Human Rights Watch. Cette loi, qui interdit l'utilisation de fonds du ministère de la Défense pour le transfert de détenus aux Etats-Unis, empêche de fait leur jugement devant des tribunaux fédéraux. Elle rend également possible, même si cela est difficile, le transfert de détenus dans leurs pays ou vers des pays tiers. Human Rights Watch a demandé au président Obama de faire abroger ces dispositions en les interprétant d'une manière qui soit cohérente avec le droit international relatif aux droits humains, ainsi qu’avec le droit international humanitaire.

« Chaque jour qui passe aggrave un peu plus la tragédie de Guantanamo», a déclaré Andrea Prasow, juriste senior et responsable de plaidoyer sur la lutte contre le terrorisme à Human Rights Watch. « Ce 10e anniversaire devrait être pour l'administration d’Obama l’occasion d’un ferme engagement à la fermeture de Guantanamo, de chercher un moyen de changer la loi qui interdit l’accès des détenus aux tribunaux fédéraux et de libérer les détenus dont le transfert a été autorisé. »