Vue du Palais des Nations, siège du bureau des Nations Unies à Genève et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.  

© 2011 Juliette de Rivero/Human Rights Watch

(Genève) – Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies devrait consolider les succès de l'année écoulée en continuant à améliorer sa réponse aux violations des droits humains partout dans le monde, déclare Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Depuis juillet 2010, le Conseil a mis en place des enquêtes internationales sur la Lybie, la Syrie et la Côte d’Ivoire, nommé un expert chargé d'enquêter sur les droits humains en Iran et fait entendre sa voix sur les abus commis à l'encontre des droits humains en Biélorussie, après des années de silence.

Le rapport de 73 pages, intitulé « Maintenir l’élan : Une année dans la vie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU » (titre original « Keeping the Momentum: One Year in the Life of the UN Human Rights Council ») passe en revue les travaux réalisés par le Conseil de juillet 2010 à juin 2011, et décrit certains des progrès remarquables accomplis par cet organe qui en est à sa cinquième année d'existence.

« Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a enfin commencé à s'acquitter de son mandat en s'attaquant aux situations de crise en matière des droits humains en Syrie et en Côte d’Ivoire », a déclaré Juliette de Rivero, directrice du bureau de Human Rights Watch à Genève. « À présent, le principal défi est de maintenir le Conseil sur sa lancée et de ne pas le laisser revenir en arrière. »

Ce rapport décrit la manière dont des États comme l'Argentine, le Brésil, le Chili, les États-Unis, les Maldives, le Mexique et la Zambie ont joué un rôle de premier plan en contribuant aux progrès du Conseil. Il examine également la façon dont d'autres États tels que la Chine, Cuba, l'Égypte, le Pakistan et la Russie ont souvent cherché à mettre ces progrès à mal. Il aborde aussi les faiblesses du Conseil, notamment son empressement inefficace et disproportionné pour traiter des violations des droits humains en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, ainsi que ses échecs à répondre de manière appropriée aux abus commis à l'encontre des droits humains dans d'autres endroits du monde qui méritent son attention, tels que l'Afghanistan, le Bahreïn et le Sri Lanka.

Selon Human Rights Watch, le travail du Conseil a été particulièrement efficace dans les domaines où les États de diverses régions ont collaboré pour parvenir à des initiatives visant à faire progresser les droits humains. Cela a permis d'éviter la polarisation et le Conseil a pu concentrer son action sur les solutions plutôt que sur les rivalités ou les divergences d'opinion en matière de droits humains. Certains pays ont cependant résisté aux tentatives visant à amener le Conseil à contrer plus efficacement les violations des droits humains dans certains pays. Quelques États ont même rejeté catégoriquement les efforts déployés par le Conseil pour s'opposer aux violations des droits humains lorsque les pays incriminés s'opposaient à une quelconque surveillance.

« Au cours de cette dernière année, le Conseil des droits de l'homme a fait preuve de rapidité et d'efficacité dans plusieurs situations de crise » a indiqué Juliette de Rivero. « Le Conseil a parcouru beaucoup de chemin, mais il doit poursuivre son action en de nombreux endroits du monde où les violations demeurent ignorées. »

Human Rights Watch a demandé aux États ayant rejoint le Conseil récemment, à savoir le Bénin, le Botswana, le Costa Rica, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Koweït et le Pérou, notamment, de continuer les efforts entrepris. Ces nouveaux membres joueront un rôle déterminant pour savoir si le Conseil continuera sur la lancée très positive de l'année écoulée, ou s'il retournera à une approche plus complaisante selon laquelle les États qui sont objets de l'attention du Conseil pourraient contourner de fait l'action de ce dernier au mépris du coût à payer sur le terrain en matière de droits humains. Dans le même temps, des États qui avaient contribué à faire progresser le Conseil dans le bon sens l'année dernière doivent prendre de nouveaux engagements afin de contribuer à d'autres améliorations, a estimé Human Rights Watch.

 « Les nouveaux membres du Conseil des droits de l'homme pourraient être amenés à jouer un rôle crucial en ce qui concerne l'héritage du Conseil », selon Juliette de Rivero. « Les nouveaux membres devraient s'associer à ceux qui ont contribué aux succès récents afin de consolider les acquis de l'année écoulée et remédier aux insuffisances qui subsistent. »

Le rapport étudie comment capitaliser sur les progrès récents enregistrés par le Conseil afin d'en faire bénéficier tous ceux dont les droits humains sont bafoués. Human Rights Watch exhorte les États à agir de concert avec le mandat clair que le Conseil a reçu, à savoir promouvoir et protéger les droits humains des peuples partout dans le monde.