Mise à jour 26.04 : La condamnation de Vi Duc Hoi a été réduite en appel à 5 ans de prison ferme et à 3 ans de résidence surveillée (contre respectivement 8 ans et 5 ans en première instance). Sa peine «a été réduite mais il ne devrait pas être en prison», a déclaré Phil Robertson, qualifiant de «très sévère» cette peine contre un homme qui n'a «rien fait d'autre qu'exprimer des avis opposés au gouvernement du Vietnam».

(New York, le 23 avril 2011) - Le gouvernement vietnamien devrait immédiatement libérer l'écrivain Vi Duc Hoi, qui a été condamné à huit ans de prison en janvier 2011 pour « propagande » contre l'État, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. La cour d'appel de la province de Lang Son doit examiner le pourvoi relatif à sa condamnation le 26 avril.

La condamnation par le tribunal populaire de Lang Son de Vi Duc Hoi, un ancien membre du Parti communiste vietnamien, était fondée sur le motif que ses articles et ses blogs en faveur des droits humains et de réformes démocratiques auraient porté atteinte à la sécurité nationale, ce qui constitue un crime en vertu de l'article 88 du Code pénal.

« Il est déplorable que Vi Duc Hoi soit aujourd'hui en prison simplement pour avoir publié ses opinions sur les droits humains et la démocratie », a commenté Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch.

En criminalisant la dissidence pacifique, le Vietnam viole ses obligations en tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que sa propre constitution, puisque ces deux documents garantissent en principe la liberté d'expression.

Par ailleurs, la décision du tribunal exigeant que Vi Duc Hoi reverse à l'État 56 millions de dongs (US $ 2 800), parce qu'il aurait « illégalement reçu » cette somme de la part d'organisations étrangères de défense des droits humains, est selon Human Rights Watch dénuée de fondement juridique. Cette somme inclut un don lié au Prix Hellman/Hammett que Human Rights Watch a décerné en 2009 à Vi Du Hoi, ainsi qu'à d'autres écrivains persécutés dans divers pays. L'article 88 du Code pénal ne comporte aucune disposition prévoyant une amende comme celle imposée par le tribunal de Lang Son.

Vi Duc Hoi, âgé de 56 ans, est originaire de la province de Lang Son, située dans le nord du Vietnam près de la frontière chinoise. Il est un membre de l'ethnie Tay, principale minorité au Vietnam. Il a occupé d'importants postes au sein du Parti communiste et du gouvernement provincial à Lang Son. Il y a dirigé la commission de propagande et a été l'un des membres du Comité permanent du Parti dans le district de Huu Lung.

Vi Duc Hoi a commencé à soutenir de façon pacifique les appels en faveur des droits humains et de la démocratie en 2006, ce qui a mené à son expulsion du Parti en 2007. Ses articles sur la démocratie, sur le pluralisme et sur les droits humains, ainsi que son essai autobiographique, « Face à la réalité : Mon acheminement vers le mouvement pour la démocratie » (« Doi Mat: voi Duong den di phong Dan Chu Tra »), ont été largement diffusés sur Internet.

Dans l'essai biographique de Vi Duc Hoi figure ce passage : « La plus grande perte pour un être humain est la perte du droit d'être un être humain; le plus grand criminel est celui qui vole les droits humains d'autres personnes. La personne la plus pitoyable est celle qui ne comprend pas les droits humains, la personne la plus méprisable est celle qui oublie les droits humains, et la personne la plus lâche est celle qui accepte la perte des droits humains. Dans le passé, j'étais méprisable, et j'étais lâche. »

Au cours de l'année dernière, le gouvernement vietnamien a intensifié sa répression des écrivains et des blogueurs indépendants qui remettent en question les politiques gouvernementales, dénoncent la corruption officielle, ou appellent à des alternatives démocratiques au régime à parti unique.

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