Cet homme, détenu par des membres des services syriens de sécurité et de renseignement (le « mukhabarat ») après avoir participé à une manifestation à Douma, exhibe les traces de coups de câble et de fouet qui lui ont été infligés lors de sa détention.

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(New York, le 14 avril 2011) - Les services syriens de sécurité et de renseignement ont détenu arbitrairement des centaines de manifestants à travers le pays depuis le début des manifestations anti-gouvernementales à la mi-mars, les soumettant à la torture et à d'autres mauvais traitements, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les services de sécurité et de renseignement, connus sous le nom de mukhabarat, ont également arrêté des avocats, des défenseurs des droits humains et des journalistes qui se sont exprimés en faveur des manifestions, ou les ont soutenues d'une autre manière.

Les autorités syriennes devraient immédiatement mettre fin au recours à la torture et à la détention arbitraire de manifestants, des militants des droits humains et des journalistes, a déclaré Human Rights Watch. Le gouvernement du président Bachar al-Assad devrait ordonner des enquêtes promptes et impartiales sur les exactions graves commises contre de nombreuses personnes détenues, et s'assurer que tous les responsables seront traduits en justice.

« Il ne peut y avoir de véritables réformes en Syrie tant que les forces de sécurité commettent des exactions en toute impunité », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le président al-Assad a besoin de contrôler ses services de sécurité et d'exiger des comptes de toute personne responsable d'arrestations arbitraires et d'actes de torture. »

Human Rights Watch a recueilli les témoignages de 19 personnes qui avaient été détenues dans les villes de Deraa, Damas, Douma, Al-Tal, Homs et Banyas, ainsi que les témoignages de plusieurs membres de leurs familles. Parmi les personnes qui avaient été détenues figuraient deux femmes et trois adolescents, âgés de 16 et 17 ans. Ces personnes avaient été détenues par différentes branches des services mukhabarat, y compris la branche « sécurité d'État » (Amn al-Dawla), la branche « sécurité politique » (Amn al-Siyasi), et la branche « sécurité militaire » (Amn al-Askari).

Plusieurs personnes interrogées par Human Rights Watch ont affirmé avoir été battues par les agents des services mukhabarat, y compris à coups de câble et de fouet, et dans certains cas torturées par le biais d'électrochocs. La plupart de ces personnes ont également indiqué qu'elles avaient été détenues dans des cellules surpeuplées et privées de sommeil, de nourriture et d'eau, dans certains cas pendant plusieurs jours. Certain anciens détenus ont précisé qu'ils avaient les yeux bandés et étaient menottés pendant toute la durée de leur incarcération.

La plupart des anciens détenus interrogés par Human Rights Watch ont ajouté qu'ils ont été forcés à signer des aveux sans être autorisés à les lire, et à s'engager à ne plus participer à aucune manifestation. Aucun d'entre eux n'a été autorisé à rencontrer des membres de leurs familles - qui n'avaient pas été informées de leur sort - ou à consulter des avocats, lors de leur détention.

La plupart ont été relâchés après plusieurs jours sans faire l'objet d'inculpation, tandis que d'autres ont été libérés sous caution dans l'attente d'une inculpation. Il n'est actuellement pas possible de déterminer le nombre exact de personnes encore détenues par les services de mukhabarat en Syrie.

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