Des habitants de Raqqa, en Syrie, portent des seaux en attendant leur tour devant l’un des rares centres de distribution de nourriture, le 7 octobre 2013.

© 2013 Reuters

(New York, le 3 décembre 2013) - Le gouvernement syrien et les forces de l'opposition entravent l'acheminement d'aide humanitaire à des centaines de milliers de civils dans les zones assiégées en Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Des militants de la région de Damas et de Homs ont déclaré à Human Rights Watch dans des entretiens téléphoniques que les habitants de ces zones souffrent d'une pénurie alimentaire qui s’aggrave de jour en jour, et que de nombreuses personnes sont décédées en raison du manque de soins médicaux dû à l’état ​​de siège.

Le 3 décembre, Valerie Amos, la Secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires, fera un exposé au Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation humanitaire en Syrie. Le Conseil de sécurité devrait selon Human Rights Watch adopter une résolution exigeant que les organisations humanitaires puissent accéder aux zones assiégées afin d’y fournir de l'aide, notamment de la nourriture et des médicaments.

« De nombreux Syriens ont désespérément besoin de nourriture, de logements et de soins médicaux », a déclaré Philippe Bolopion, directeur de plaidoyer auprès de l’ONU pour Human Rights Watch. « L'accès aux communautés assiégées constitue un test décisif qui refléterait un changement réel dans les efforts de secours, et le Conseil de sécurité devrait indiquer clairement que la Syrie échoue actuellement à ce test. »

Dans une déclaration non contraignante émise le 2 octobre, le président du Conseil de sécurité a exhorté toutes les parties au conflit en Syrie à prendre les mesures requises « pour que l’aide humanitaire soit acheminée en toute sécurité et sans entrave aux populations dans le besoin ». Le Conseil de sécurité devrait selon Human Rights Watch aller plus loin en adoptant une résolution contraignante et en précisant que le défaut de s'y conformer entraînera des sanctions ciblées.

Human Rights Watch a mené des entretiens téléphoniques avec onze militants et habitants de Homs, Damas, et plusieurs villes dans les environs de Damas, y compris Moadamiya, Douma, Yalda, Yarmouk et Erbin.  Ces personnes ont indiqué que depuis plusieurs mois le gouvernement syrien a coupé l'électricité et les services de communications dans certaines zones, et empêché les travailleurs humanitaires de fournir de la nourriture et des médicaments aux civils en ayant besoin.

S’exprimant devant le Conseil de sécurité le 1er novembre, Valerie Amos a estimé que 288 000 personnes se trouvent actuellement dans des zones assiégées par les forces gouvernementales à Damas et dans les environs de la capitale, ainsi qu’à Homs, dans l’ouest du pays.

L'ONU estime en outre que 2,5 millions de personnes se trouvent dans des zones difficilement accessibles, y compris des zones contrôlées par l'opposition dans le nord du pays. Selon l’ONU, des combattants de l'opposition empêchent par exemple l'aide humanitaire de parvenir à des dizaines de milliers d’habitants de deux villages chiites situés au nord d'Alep.

En vertu du droit international humanitaire, toutes les parties à un conflit armé sont tenues de faciliter l'acheminement rapide et sans entrave d’aide humanitaire à tous les civils dans le besoin. Il est interdit « d'utiliser contre les civils la famine comme méthode de guerre ».

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