L'ancien vice-président de la RD Congo Jean-Pierre Bemba, assis derrière l'un de ses avocats, lors d'une séance de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Son procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine en 2002-2003 a débuté le 22 novembre 2010. 

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(Bruxelles, le 22 novembre 2010) - Le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), ancien chef rebelle, et actuel dirigeant du principal parti d'opposition en RDC, s'ouvre aujourd'hui devant les juges de la chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Human Rights Watch a publié un document « Questions - Réponses » au sujet de ce procès.

La CPI poursuit Bemba pour deux chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et trois chefs d'accusation de crimes de guerre pour des meurtres, viols et actes de pillage qui auraient été commis par les forces rebelles de son Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) en République centrafricaine (RCA). Bemba et ses troupes du MLC avaient été invités à intervenir en RCA en 2002 par le président en exercice à l'époque, Ange-Félix Patassé, afin de l'aider à étouffer un coup d'État. Le coup d'État a réussi et le leader des rebelles, François Bozizé, est devenu président de la RCA. En décembre 2004, il a demandé à la CPI d'enquêter sur les crimes commis pendant la rébellion.

Le procès de Jean-Pierre Bemba sera le premier dans le cadre de l'enquête de la CPI sur les crimes graves commis en République centrafricaine. Le procès devrait durer plusieurs mois.

« Jean-Pierre Bemba est actuellement le principal accusé devant la CPI pour les crimes commis en République centrafricaine, mais il ne porte pas seul la responsabilité de ces crimes », a déclaré Géraldine Mattioli-Zeltner, directrice de plaidoyer auprès de la division Justice internationale à Human Rights Watch. « La CPI devrait envisager de mener d'autres poursuites liées aux atrocités commises lors du coup d'État de 2002, y compris, si les preuves l'exigent, à l'encontre de l'ancien président Patassé. »

Le procès s'ouvrira avec des déclarations du Bureau du procureur, de l'équipe de la défense de Jean-Pierre Bemba et des représentants légaux des victimes qui participent à la procédure. Les victimes en RCA ont réclamé justice sans relâche depuis le coup d'État, en 2002-2003. Pour l'instant, 135 victimes ont été admises à participer dans ce procès. Plus de 1 200 demandes supplémentaires sont en train d'être examinées par les juges.

Cette affaire suscite un intérêt considérable de la part de la population en RCA, ainsi qu'en RDC, où Bemba st une personnalité politique importante. Les attentes  relatives à cette affaire sont fortes, et les rumeurs et spéculations qu'elle provoque le sont tout autant. La CPI devrait fournir des mises à jour régulières sur le procès et organiser des évènements de sensibilisation en RCA et en RDC afin de permettre que toutes les questions que les populations locales se posent soient débattues, a souligné Human Rights Watch.

Bemba n'est pas poursuivi dans le cadre de ce procès pour son rôle présumé dans les crimes commis par les troupes du MLC en République démocratique du Congo.