Un groupe de Palestiniens déplacés attend une distribution de nourriture à Jabaliya le 22 février 2009.

© 2009 رويترز

(Jérusalem) - Les bailleurs de fonds internationaux pour la reconstruction et le développement de Gaza doivent appeler Israël à mettre fin au blocus punitif du territoire et à autoriser la reprise de l'aide humanitaire requise et du commerce normal, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Même après les énormes dommages causés à la vie civile à Gaza, Israël continue d'empêcher l'arrivée d'aide requise d'urgence  dans le territoire et de paralyser l'économie de Gaza.   

Les représentants des potentiels pays donateurs se rassemblent le 2 mars 2009 pour une conférence d'une journée dans la station balnéaire égyptienne Charm el-Cheikh. Human Rights Watch a déclaré qu'il était absolument nécessaire de mettre fin au blocus pour espérer une reconstruction et un rétablissement de la situation économique. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, et le Haut représentant pour les affaires étrangères et les politiques de sécurité de l'Union européenne, Javier Solana participeront à cette conférence.

«  Toutes les promesses de dons que cette conférence doit recueillir seront inutiles si les donateurs ne demandent pas à Israël d'ouvrir les frontières aux biens commerciaux ainsi qu'aux biens humanitaires indispensables », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Ce blocus illégal est le premier obstacle à la reconstruction et à l'activité économique essentielle à toute société. »

Israël contrôle de fait les frontières et l'espace aérien de Gaza. Human Rights Watch  a déclaré que leblocus, qui est en place depuis juin 2007, après que le Hamas ait pris le contrôle de Gaza, constitue une punition collective de la population civile et donc une violation sérieuse du droit international humanitaire. Les restrictions israéliennes sur l'entrée des biens devraient se limiter strictement aux armes et aux matériaux dont le potentiel militaire outrepasse clairement l'usage civil.

Selon les Nations Unies, Gaza a besoin d'un minimum de 500 livraisons d'aide humanitaire et de biens commerciaux par des camions tous les jours. Les autorités israéliennes ont déclaré aux agences humanitaires qu'ils autoriseront jusqu'à 150 livraisons quotidiennes par des camions. Cependant, le nombre n'a pas dépassé 120, selon l'Office des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). En février, le nombre moyen de livraisons quotidiennes par des camions a oscillé entre 88 et 104, y compris les céréales envoyées par tapis roulant au point de passage de Karni.

Israël continue d'empêcher les biens transportés par camion d'entrer par Karni, le seul point de passage avec des équipements de sécurité sophistiqués et la capacité de gérer jusqu'à 750 camions par jour. Le point de passage de Sufa, qui peut aussi gérer l'arrivée de camions dans une moindre mesure, reste également fermé. A la place, Israël exige que tous les camions passent par Kerem Shalom, situé près de l'extrémité sud de la bande de Gaza, où chaque bien doit être déchargé, inspecté, rempaqueté, et rechargé, avec des « frais de traitement » de  1 000 dollars par camion.

Dans les semaines qui ont suivi l'arrêt des combats le 18 janvier, Israël a arbitrairement refusé de laisser entrer des produits tel que des pois chiches, des macaronis, de la farine de blé, des cahiers pour étudiants, des produits électroménagers, des générateurs, des pompes à eau, et du gaz de cuisson, a déclaré l'OCHA.

Les restrictions sur l'aide humanitaire et le commerce doivent être davantage ciblées,  puisqu'une formulation trop vague empêche  le mouvement des biens civils ordinaires, a déclaré Human Rights Watch. Israël n'a pas fourni d'explications sécuritaires ou d'un autre genre pour justifier son refus de laisser des biens entrer ou sortir de Gaza par le point de passage de Karni, ou son imposition de limitations strictes sur ce qui est autorisé et en quelles quantités. Israël n'a pas non plus fourni de raisons sécuritaires pour son interdiction complète des exportations de Gaza, à l'exception d'une unique cargaison de fleurs vers l'Europe à la mi-février.

« Si les commerçants de Gaza peuvent envoyer une cargaison de fleurs pour la Saint-Valentin, pourquoi ne peuvent-il pas exporter des fleurs, des fraises ou des oranges tous les jours ? » a demandé Kenneth Roth. « La politique de bouclage menée par Israël peut être résumée par un mot, et c'est punition et non pas sécurité. »