"Les autorités algériennes doivent libérer les défenseurs des droits de l'Homme, Abderrahmane Khelil et Sid Ahmed Mourad", a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Les deux hommes seront présentés à la justice dimanche 26 mai.

Les deux hommes ont été arrêtés près du campus de l'université de Bouzaréah à Alger le 19 mai. Khelil s'y était rendu, accompagné de son ami Mourad, pour le compte de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme, afin de rassembler des informations sur l'arrestation d'étudiants le jour précédent, lors de la visite, sur le campus, du Président Abdelaziz Bouteflika où il avait été accueilli par des protestations.

" Les autorités s'en prennent à Abderrahmane Khelil parce qu'il représente la nouvelle génération des défenseurs des droits de l'Homme en Algérie ", a déclaré Hanny Megally, directeur exécutif de la division Moyen Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. " La police l'a arête simplement parce qu'il a tenté de montrer comment elle avait mis fin à une protestation sur un campus. Khelil et Mourad doivent tous deux être libérés immédiatement et sans condition. "

Khelil, qui travaille aussi pour SOS Disparus, une organisation Représentant les familles de "disparus ", avait déjà été arrêté à deux reprises en Mars lorsqu'il avait tenté de manifester pacifiquement dans la capitale, Avec d'autres militants représentants de familles de disparus.

Khelil et Mourad sont à la prison civile d'el-Harrach. Ils doivent être présentés devant la cour le 26 mai sous le chef d'inculpation d'"incitation à attroupement non armé ", une violation de l'Article 100 du Code Pénal. Ils encourent des amendes et une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an s'ils sont reconnus coupables.