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De nouvelles sanctions américaines contre le Rwanda pour ses abus dans l’est de la RD Congo

Toutes les parties au conflit devraient protéger les civils et garantir la reddition des comptes

Un combattant du M23 observe le déroulement d’une opération d’enrôlement de civils, de policiers et d’anciens membres des forces armées congolaises, recrutés à Goma le 23 février 2025. © 2025 Michel Lunanga/AFP via Getty Images

Le Trésor américain a annoncé cette de nouvelles sanctions à l’encontre du ministère rwandais de la Défense et de la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière rwandaise qui, selon le Trésor américain, aurait permis d’effectuer des paiements destinés à l’armée rwandaise et au M23, un groupe armé abusif. Ces sanctions gèlent tous les avoirs et intérêts des parties visées aux États-Unis et les empêchent de fait d’utiliser le dollar américain dans leurs transactions internationales. 

Des milliers de soldats rwandais ont combattu aux côtés du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo depuis la résurgence du groupe armé fin 2021. L’armée rwandaise a également fourni au M23 un soutien logistique et matériel important. En annonçant ces nouvelles sanctions, le Trésor américain a souligné que le M23 s’était rendu coupable de graves violations des droits humains. Ce groupe armé est responsable d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de recrutements forcés et de travail forcé, de détentions illégales, de transferts forcés de population, ainsi que de torture et d'autres violences physiques dans les zones sous son contrôle. Le Trésor a également indiqué qu'une succursale de Zigama avait permis le transport d'or provenant du territoire contrôlé par les rebelles dans l'est de la RD Congo vers Kigali, la capitale rwandaise, et avait facilité des transactions financières pour le M23 d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars. 

Si les sanctions américaines précédentes, prononcées en mars, visaient les Forces de défense rwandaises (Rwanda Defence Force, RDF) et certains hauts responsables militaires, celles qui visent désormais le ministère ciblent l’institution chargée de superviser l’ensemble des opérations militaires menées en soutien au M23. Ces sanctions interviennent quelques semaines après que l’ancien président congolais Joseph Kabila a annoncé la création d’une coalition politico-militaire incluant le M23, baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN). Washington avait déjà imposé des sanctions à Kabila en avril pour son soutien présumé à des groupes armés. 

Les sanctions à elles seules ne suffiront toutefois pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions. Les Nations Unies ont identifié le M23 comme le principal auteur des violations des droits humains documentées en 2025, l'armée congolaise arrivant en deuxième position.

Les États-Unis et d’autres gouvernements devraient également faire pression sur la RD Congo pour qu’il mène des enquêtes et poursuive en justice ses propres forces responsables d’exactions, veille à ce qu’elles respectent le droit humanitaire et cesse de soutenir les groupes armés abusifs. Avant tout, il faut intensifier les pressions pour que la protection des civils et la reddition des comptes soient au cœur des négociations pour la paix.

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