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Des manuels scolaires russes fournis par les autorités d'occupation russes et rangés sur la table d’une école de Borova, dans la région de Kharkiv en Ukraine, en novembre 2022. © 2022 Human Rights Watch

On vous dit que votre pays n'existe pas. On vous dit que votre langue n'existe pas. Votre professeur a été enlevé et torturé.

La salle de classe où vous êtes assis se trouve dans le même bâtiment scolaire, dans le même village, dans la même région - mais votre monde a été bouleversé depuis le début de l'occupation militaire russe.

Les enfants ont été les principales victimes de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, marquée par des atrocités. Ils ont notamment été victimes d'enlèvements massifs par la Russie, ce qui a valu à Vladimir Poutine de faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.

Le traitement réservé par la Russie aux enfants ukrainiens dans les écoles sous l'occupation s'ajoute à la liste toujours plus longue des abus russes, comme le montre un nouveau rapport consacré à la région ukrainienne de Kharkivska, occupée puis libérée.

Les autorités russes censurent la langue ukrainienne et le programme scolaire ukrainien. Elles utilisent le russe comme langue d'enseignement et imposent le programme russe, rempli de propagande anti-ukrainienne niant l'existence même du peuple auquel appartiennent les élèves et les étudiants.

En bref, la Russie utilise le système éducatif pour mener à bien la russification et l'endoctrinement politique dans les territoires qu'elle occupe.

De telles mesures sont contraires aux lois de la guerre. Celles-ci exigent d'une puissance occupante qu'elle rétablisse l'ordre public et les services dans un territoire occupé, y compris pour faciliter la bonne éducation des enfants. Toutefois, elle doit respecter les lois en vigueur dans le territoire avant l'occupation. Il est interdit aux occupants d'imposer leurs propres lois, y compris en matière d'éducation.

Cette décision va également à l'encontre d'autres normes internationales en matière de droits humains, notamment l'interdiction de la propagande en faveur de la guerre, le droit de l'enfant à un enseignement dans sa langue maternelle et le droit des parents à choisir la scolarité de leurs enfants.

De plus, les enfants ukrainiens sous l'occupation russe doivent suivre une formation militaire dans le cadre du programme scolaire imposé.

Les autorités d'occupation exigent également que les lycées des territoires ukrainiens occupés communiquent les noms des élèves âgés de 18 ans et plus. Les autorités russes considèrent que ces derniers peuvent être enrôlés dans les forces armées, où ils pourraient même être contraints de se battre contre leurs compatriotes ukrainiens.

Les enseignants et les autres membres du personnel scolaire qui tentent de s'opposer à ces changements imposés sont confrontés à des représailles brutales. Les autorités russes ont eu recours aux menaces, à la coercition, à la détention et à la torture, y compris à des passages à tabac brutaux et à des décharges électriques. Les autorités russes ont également menacé les parents dont les enfants suivaient le programme scolaire ukrainien en ligne.

On estime à un million le nombre d'enfants en âge d'être scolarisés sur les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Les occupants leur refusent le droit à l'éducation, garanti par le droit international.

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