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Afghanistan : Les demandeurs d’asile ont besoin d’une protection élargie

Les agences de l’ONU et les gouvernements devraient renforcer leur assistance aux Afghans en danger

Des femmes afghanes ayant fui leur province dans le nord du pays, photographiées parmi des tentes mises en place dans un parc public à Kaboul, Afghanistan, le vendredi 13 août 2021. Deux jours plus tard, le dimanche 15 août, les talibans ont saisi le contrôle de la capitale. ©2021 AP Photo/Rahmat Gul

(New York, le 21 octobre 2021) – Les Afghans en danger qui ont fui ou cherchent à fuir l’Afghanistan ont besoin d’un soutien international plus vigoureux, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans un nouveau document d’information politique. Les Nations Unies et les gouvernements concernés devraient renforcer l'assistance fournie aux réfugiés et demandeurs d’asile afghans, y compris ceux des pays voisins de l’Afghanistan, des pays de transit et des pays de réinstallation.

Intitulé « Réponses politiques pour soutenir les Afghans fuyant l’Afghanistan contrôlé par les talibans », le document exhorte les agences de l’ONU et les gouvernements accueillant des réfugiés et des demandeurs d’asile afghans à favoriser la réinstallation des réfugiés et des solutions sûres et durables pour les Afghans ayant besoin de protection. Il s’agit notamment des personnes éligibles aux visas de regroupement familial ou aux visas spéciaux disponibles en raison de leur travail antérieur effectué en Afghanistan.

« Depuis la prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans, de nombreux habitants en grave danger sont tributaires des gouvernements s’agissant de leur droit de demander l’asile », a déclaré Bill Frelick, directeur de la division Droits des réfugiés et migrants à Human Rights Watch. « Répondre efficacement à cette crise humanitaire exige des politiques en matière de réfugiés et de migration qui soient généreuses, respectueuses des droits et axés sur leur culture. »

Depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul, la capitale afghane, le 15 août 2021, Human Rights Watch a interrogé des réfugiés afghans qui déclarent avoir été harcelés, battus et extorqués par des responsables talibans alors qu’ils tentaient de quitter le pays. Human Rights Watch a également documenté des abus dans de nombreuses provinces associées à l’ancien gouvernement, notamment contre d’ex-membres des forces de sécurité et de l’appareil judiciaire. Les personnes les plus exposées sont les défenseurs des droits humains, les militantes des droits des femmes, les femmes de premier plan, les journalistes et autres professionnels des médias, les juges et autres personnes qui occupaient des postes officiels au sein des appareils d’État et sécuritaire.

Les gouvernements concernés devraient user de toute leur influence auprès des nouvelles autorités talibanes pour permettre aux Afghans d’exercer leur droit fondamental de quitter le pays, a déclaré Human Rights Watch. Les Afghans qui cherchent à fuir ont désormais moins d’options à leur portée, le Pakistan ayant annulé les vols de sa compagnie aérienne nationale entre Kaboul et Islamabad. Un transporteur afghan privé, Kam Airways, et Qatar Airways continuent d’opérer des vols limités en dehors du pays. Ils devraient inclure un programme de départ ordonné pour les Afghans en quête de protection à l’étranger. Tout programme de cet ordre devrait être complémentaire d’autres moyens de protection et ne pas être considéré comme un substitut au droit de quitter son pays pour aller chercher asile ailleurs.

Les pays voisins devraient ouvrir leurs frontières aux demandeurs d’asile afghans, et tous les gouvernements suspendre indéfiniment les expulsions ou les retours d’Afghans, a préconisé Human Rights Watch. Notre organisation a établi que les autorités turques expulsaient sommairement les demandeurs d’asile afghans qui tentaient d’entrer en Turquie depuis l’Iran vers l’Iran, en violation du droit international. Alors que la situation a radicalement changé dans le pays, les gouvernements devraient rouvrir et examiner les demandes d’asile d’Afghans dont les dossiers ont été rejetés et offrir à ceux qui vivent sur leur territoire depuis de nombreuses années et ont établi des liens avec leur pays d’accueil un accès à la résidence permanente.

Les pays extérieurs à la région devraient offrir davantage de places pour réinstaller les réfugiés afghans, tout en aidant financièrement à soutenir ceux qui se trouvent dans les pays de première arrivée de la région. Les gouvernements devraient également élargir les voies complémentaires pour faciliter une migration sûre et ordonnée pour les Afghans, en prévoyant des programmes spéciaux à leur intention, des parrainages privés et communautaires, le regroupement familial, des visas de chercheur invité, d’étudiant, d’artiste et de travailleurs humanitaire, parmi d’autres visas professionnels.

Bien que l’ampleur du problème exige un financement et un engagement solides au niveau gouvernemental, les États devraient également encourager, étendre et soutenir les programmes de parrainage privé par des individus, des groupes, des organisations confessionnelles ou la diaspora, des municipalités et des universités pour accueillir les Afghans.

De nombreux Afghans ayant quitté leurs foyers sont traumatisés et vulnérables. Les programmes devraient inclure un soutien psychologique pour les nouveaux arrivants, qui tienne compte du traumatisme de la fuite forcée et des difficultés spécifiques que les Afghans ont pu rencontrer en Afghanistan et après avoir quitté leur pays.

L’éducation des enfants afghans nouvellement déplacés a déjà été interrompue par le conflit, la pandémie de Covid-19, et maintenant par la fuite à l’étranger. Les pays voisins, les sites d’accueil des pays tiers et tout autre pays accueillant des mineurs afghans doivent veiller à ce que filles et garçons aient accès à une éducation de qualité, inclusive et sans discrimination dans les trois mois suivant leur arrivée.

« Les Afghans ont de nombreuses raisons de fuir et de craindre pour leurs vies », a conclu Bill Frelick. « Il appartient désormais aux gouvernements du monde entier de leur donner des raisons d’espérer. »

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