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Kirghizistan : Un défenseur des droits humains est décédé en prison

Les autorités devraient être tenues responsables de la mort évitable d'Azimjon Askarov

Le journaliste et activiste kirghize Azimjon Askarov, qui était emprisonné depuis juin 2010, photographié derrière des barreaux lors d’une audience d’un tribunal de Bichkek, au Kirghizistan, le 11 octobre 2016. Il est décédé en prison le 25 juillet 2020. © 2016 AP Photo/Vladimir Voronin

(Berlin, le 25 juillet 2020) - Le défenseur kirghize des droits humains Azimjon Askarov, est décédé en prison à l’âge de 69 ans, alors qu’il purgeait une peine d'emprisonnement à perpétuité qui avait été infligée à l'issue d'un procès inéquitable, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Askarov avait été arbitrairement arrêté en 2010 sur la base de motifs manifestement politiques, et torturé lors de sa détention.

La mort d’Askarov est survenue sous la garde de l’État, et les autorités kirghizes devraient être tenues responsables de son décès. La santé d’Askarov s’est considérablement détériorée pendant son incarcération et il est tombé gravement malade dans les jours qui ont précédé sa mort, dont la cause officielle du décès n’a pas encore été divulguée. Une enquête indépendante et efficace devrait être menée sur les conditions de l’emprisonnement injustifié d’Askarov, sur le refus de lui fournir des soins médicaux adéquats, et sur les causes précises de son décès en détention.

« Les autorités kirghizes portent l’entière responsabilité de la mort d’Azimjon Askarov », a déclaré Mihra Rittmann, chercheuse senior sur l’Asie centrale à Human Rights Watch. « Nous présentons nos sincères condoléances à sa veuve, qui luttait depuis 10 ans pour sa libération, ainsi qu’à sa famille et à ses anciens collègues. »

Askarov était le directeur d'Air, une organisation de défense des droits humains dans le sud du Kirghizistan qui documentait les conditions de détention et le traitement de prisonniers par la police.

Askarov a également documenté des violences et des actes de pillage dans sa ville natale de Bazar-Korgon lors des violences interethniques meurtrières qui ont éclaté dans le sud du Kirghizistan le 10 juin 2010. Plusieurs jours plus tard, la police a arrêté Askarov, l’accusant d’être impliqué dans le meurtre d'un policier à Bazar Kurgon.

Le procès d’Askarov a été entaché de multiples de violations de procédures équitables. Les tribunaux ont refusé à plusieurs reprises d’enquêter sur les allégations crédibles selon lesquelles Askarov aurait été torturé lors de sa détention. Le 15 septembre 2010, il a été condamné à la réclusion à perpétuité, peine qui a été confirmée en appel en décembre 2010.

Depuis 2016, les autorités kirghizes ont refusé de donner suite à une décision du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, leur demandant de libérer Askarov et d'annuler sa condamnation. Le Comité avait conclu qu'Askarov avait été arbitrairement détenu, torturé et privé d'un procès équitable. À l’issue du dernier appel dans cette affaire, en mai 2020, la Cour suprême kirghize avait de nouveau confirmé la condamnation d’Askarov

Les autorités kirghizes ont refusé de libérer Askarov pour des raisons médicales et humanitaires, malgré ses problèmes cardiaques et respiratoires et les risques supplémentaires posés par la pandémie de Covid-19.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.

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