Des manifestants fuient sous des nuages de fumée blanche causés par des gaz lacrymogènes tirés par la police, qui a également recouru à des canons à eau afin de disperser ce grand rassemblement tenu à Santiago, au Chili, le dimanche 20 octobre 2019.

© 2019 AP Photo/Esteban Felix

(Washington, le 22 octobre 2019) - Le gouvernement du Chili devrait veiller à ce que ses forces de sécurité respectent les droits fondamentaux tout en contenant des manifestations parfois violentes en cours, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités chiliennes doivent enquêter sur les manifestants qui ont commis des crimes graves et des actes de violence graves et les tenir responsables, ainsi que les membres des forces de sécurité qui ont réagi avec une force excessive.

Le 18 octobre, des milliers de Chiliens sont descendus dans la rue pour protester à l’origine contre une hausse des prix des transports en commun annoncée par le gouvernement. Les manifestations ont rapidement pris de l’ampleur, reflétant la colère suscitée par le coût élevé de la vie et les inégalités socio-économiques. Le 19 octobre, le Président Sebastian Piñera a décrété l'état d'urgence dans la capitale, Santiago, et ailleurs, ce qui a fortement restreint la liberté de circulation des habitants de ces zones.

« Les images montrant des violences policières au Chili sont profondément préoccupantes », a déclaré José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques à Human Rights Watch. « Le président Piñera devrait indiquer clairement aux forces de sécurité chiliennes qu'elles doivent respecter les droits des citoyens, et s’assurer que les individus impliqués dans des violations fassent l'objet d'enquêtes impartiales dans de brefs délais. »

Le 22 octobre, le Sous-secrétaire du ministère de l'Intérieur, Rodrigo Ubilla, a déclaré que 2 643 personnes avaient été arrêtées et que 15 personnes étaient décédées depuis le début des manifestations. Selon l’Institut national des droits humains (INDH), 84 personnes avaient été blessées par des tirs de balles entre le 17 et le 21 octobre.

Certains manifestants ont agi avec une grande violence, saccageant des stations de métro et incendiant un bâtiment d’une entreprise productrice d’électricité ainsi que  et les bureaux du journal El Mercurio à Valparaiso.

« Les procureurs devraient également mener rapidement des enquêtes approfondies et impartiales sur les crimes graves commis par les manifestants au cours des derniers jours », a ajouté José Miguel Vivanco.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/10/22/chile-respect-rights-protest-response

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