Manifestation à Gaza le 12 janvier 2017, contre les conditions de vie difficiles liées aux fréquentes coupures d’électricité. Les forces de sécurité du Hamas ont ensuite arrêté des dizaines de personnes ayant participé à ce rassemblement.

© 2017 Mahmoud Abu Salama

(Ramallah, le 29 mai 2019) – L’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah en Cisjordanie, tout comme le Hamas à Gaza, procèdent à des arrestations arbitraires d’opposants qui s’expriment pourtant pacifiquement, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. L'Autorité palestinienne a reconnu avoir arrêté plus de 1 600 personnes de janvier 2018 à mars 2019, tandis que le Hamas a arrêté plus de 1 000 personnes lors des manifestations de mars 2019.

« L’Autorité palestinienne et le Hamas sont séparés par d’importantes divergences, mais ont en commun les mêmes méthodes visant à écraser toute forme de dissidence », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Plus de six mois après la publication d’un rapport de Human Rights Watch au sujet du recours systématique, par l'Autorité palestinienne et par le Hamas, à des arrestations arbitraires et à la torture, aucun effort sérieux n'a été déployé en vue de tenir les auteurs d’abus responsables de leurs actes. En outre, aucun changement visible de ces pratiques n’a pu être constaté. De janvier 2018 à mars 2019, aucun officier n’a été condamné par un tribunal de Gaza pour des arrestations arbitraires, mauvais traitements ou actes de torture. Durant cette période, en Cisjordanie, un agent de sécurité a été jugé et condamné à 10 jours de prison pour de telles infractions, selon les informations fournies par l'Autorité palestinienne.

Le chiffres officiels fournis par l’Autorité palestinienne et par le Hamas au sujet des arrestations sont inférieurs au nombre réel, selon Human Rights Watch qui a documenté de nombreux cas de personnes détenues après s’être exprimées de manière pacifique, mais n’ayant pas été officiellement inculpées. Plus de mille personnes ont été arrêtées lors des manifestations tenues en mars 2019 à Gaza sous le slogan « Nous voulons vivre », selon la Commission indépendante pour les droits humains (ICHR), basée à Ramallah.

L'ICHR a également affirmé avoir reçu 455 plaintes de la part de Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza, durant la période recouvrant l’année 2018 et les trois premiers mois de 2019.  Il s’agissait d’allégations de « torture et mauvais traitements » aux mains des forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie (242 cas) et des autorités du Hamas à Gaza (213 cas).

Les autorités palestiniennes devraient respecter les traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels elles ont adhéré au cours des cinq dernières années, notamment en enquêtant de manière crédible sur des actes répréhensibles et en exigeant des comptes des auteurs de tels crimes. Un mécanisme permettant la surveillance par des experts indépendants des centres de détention devrait être mis en place, conformément au Protocole facultatif à la Convention contre la torture, que la Palestine a ratifié. Les autorités israéliennes devraient pour leur part autoriser des représentants du Comité des Nations Unies pour la prévention de la torture à se rendre en Cisjordanie et à Gaza, afin de surveiller le respect du Protocole facultatif dans ces zones.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/05/29/palestine-no-letup-arbitrary-arrests-torture

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