Le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev, photographié  à Tachkent lors de l'élection qu'il a remportée, le 4 décembre 2016.

© 2016 Reuters

(Berlin, le 2 mai 2019) - Les autorités ouzbèques devraient enquêter dans les plus brefs délais sur des informations crédibles selon lesquelles l'ancien Procureur général Rachitjon Kadirov et douze autres coaccusés auraient été torturés et maltraités en détention, selon l’appel lancé conjointement aujourd’hui par Human Rights Watch et quatre autres organisations de défense des droits humains. Les autorités devraient ensuite traduire en justice tout individu responsable de tels abus.
 
Les cinq organisations – Amnesty International, l'Association pour les droits humains en Asie centrale (AHRCA), le Comité norvégien d'Helsinki, Human Rights Watch, le Partenariat international pour les droits humains (IPHR)– ont conjointement exhorté les autorités ouzbèkes à empêcher le recours à la torture et à garantir  aux accusés le droit à une procédure régulière.
 
« Cette affaire suscite de vives inquiétudes quant à l’efficacité des efforts déployés par l’Ouzbékistan pour empêcher la torture et d’autres formes de mauvais traitements dans les lieux de détention », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les accusés devraient être protégés contre le risque de mauvais traitements et bénéficier d'un procès équitable et transparent, auquel le public, les médias et les observateurs des droits humains puissent assister. »

Rachitjon Kadirov, ex-Procureur général d’Ouzbékistan.

© IPHR

Rachitjon Kadirov était le Procureur général de l’Ouzbékistan pendant 15 ans et a exercé les fonctions de juge de la Cour constitutionnelle sous la présidence d’Islam Karimov. Il a été arrêté en février 2018 et visé par plusieurs chefs d'inculpation au titre de douze articles du Code pénal ouzbek, notamment d'extorsion (article 165), d'abus de pouvoir (article 205) et de détournement de fonds publics (article 210). Depuis le 7 janvier 2019, Kadirov et ses coaccusés font l’objet d’un procès qui se déroule à huis clos.

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