La salle plénière du Parlement européen, dont le siège est à Strasbourg, photographiée lors d'une session le 20 mai 2015.

© 2015 Reuters/Vincent Kessler

(Bruxelles, le 23 avril 2019) – Les candidats au Parlement européen devraient clarifier leurs positions sur des questions clés relatives aux droits humains, alors même que le respect de ces droits et du principe de l’État de droit, est mis en cause par certains dirigeants européens, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Aussi l’organisation a-t-elle adressé un questionnaire aux têtes de liste des principales formations politiques européennes candidates aux élections et prévoit de rendre leurs réponses publiques avant les scrutins du 23 au 26 mai 2019.

« Les enjeux de droits humains sont importants et les citoyens européens doivent savoir comment les candidats se positionnent sur ces questions avant les élections », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale de Human Rights Watch. « Nous espérons voir les candidats s’engager à protéger les droits et la dignité de tous les résidents de l’Union européenne. »

Le questionnaire, envoyé aux têtes de listes de six partis européens, les exhorte à présenter leurs positions sur les principales préoccupations relatives aux droits humains. Il comprend des questions sur la protection de l’État de droit et l’équilibre des pouvoirs démocratiques dans les pays de l’UE, et se penche sur la discrimination et les inégalités, les droits des migrants et des demandeurs d’asile, les politiques de lutte contre le terrorisme et sur la place occupée par les droits humains dans la politique étrangère de l’UE.

Les six groupes européens sont l’Alliance des conservateurs et des réformistes européens (ACRE), l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), le Parti vert européen (EGP), la Gauche européenne (EL), le Parti populaire européen (PPE), et le Parti socialiste européen (PSE).

En mai, Human Rights Watch publiera également une série de vidéos dans huit langues européennes soulignant l’importance des droits humains dans les travaux du Parlement européen et exhortant les électeurs à garder ces questions à l’esprit au moment de choisir leurs futurs représentants.

Ces dernières années, plusieurs dirigeants de l’UE ont ouvertement attaqué les valeurs démocratiques, justifiant des politiques portant atteinte à l’indépendance des systèmes judiciaires, limitant la diversité des médias et la capacité des organisations non gouvernementales à fonctionner ou à obtenir des financements. Les mouvements populistes promouvant des programmes qui affaiblissent la protection des droits des femmes ou des personnes LGBTI ont gagné du terrain lors de plusieurs élections nationales et exercé une influence croissante sur les débats politiques de l’UE.

Malgré le nombre gérable de demandeurs d’asile à ses frontières extérieures, l’UE a focalisé son action sur la fermeture de ces frontières, sans suffisamment se préoccuper du nombre croissant de décès en mer, de l’impact humanitaire et des exactions commises à l’encontre de migrants en Libye. Bien que l’UE reste un acteur de premier plan dans la promotion des droits humains au niveau international, sa résolution a été remise en cause par des préoccupations sécuritaires et migratoires, ainsi que par le retrait des États-Unis des instances internationales des droits humains.

Sur de nombreuses questions, le Parlement européen s’est révélé être un organe important dans la défense des institutions démocratiques et des droits humains. Ainsi, en septembre 2018, il a lancé un processus de sanctions politiques contre le déclin de l’État de droit en Hongrie. Il a également contribué à faire pression pour réagir aux attaques contre le système judiciaire polonais et organisé des débats sur la situation en Roumanie.

« Nous espérons que les réponses des candidats aideront les citoyens européens à faire des choix éclairés quant au sens de leur vote pour les droits humains », a conclu Hugh Williamson. « Compte tenu des défis à venir pour le nouveau Parlement européen, nous pensons que les droits humains sont la clé de l’avenir de l’Europe. »

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