Felix Tshisekedi tient la constitution après avoir prêté serment en tant que président de la République démocratique du Congo, à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

© 2019 Olivia Acland/Reuters

(Kinshasa) – Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, devrait faire de la défense et de la promotion des droits humains une priorité pendant sa présidence, a déclaré Human Rights Watch dans un courrier adressé au président rendu public aujourd’hui. L’administration a pris des mesures initiales positives, mais elle fait face à des défis considérables.

Human Rights Watch a formulé 10 recommandations essentielles pour améliorer les droits humains dans le pays. L’organisation a demandé à Félix Tshisekedi, pendant sa première année de mandat, de démettre de leurs fonctions les officiers des forces de sécurité et les autres responsables ayant commis des abus ; de faire appliquer les droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association ; de mettre fin à l’ingérence dans le système judiciaire ; de garantir la progression des poursuites à l’encontre des personnes responsables des pires abus ; et de développer une stratégie complète pour gérer la question des groupes armés.

« Le président Tshisekedi est confronté à la lourde tâche de mettre fin aux cycles de violence et d’abus, alimentés par l’impunité et la corruption, qui minent la RD Congo depuis longtemps », a expliqué Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Félix Tshisekedi devrait rompre de façon décisive avec l’administration abusive et corrompue de Joseph Kabila et adopter des changements systémiques qui profitent à toute la population de la RD Congo. »

Félix Tshisekedi a prêté serment en janvier 2019 après des élections contestées. Il a maintenant une occasion importante de créer une administration respectueuse des droits qui se conforme à l’État de droit, a indiqué Human Rights Watch.

Pendant son discours d’investiture, Félix Tshisekedi a promis de « garantir à chaque citoyen le respect de l’exercice de ses droits fondamentaux » et de mettre fin à toutes les formes de discrimination. Il a déclaré que son gouvernement accorderait la priorité à « une lutte efficace et déterminée contre la corruption, […] l’impunité, la mauvaise gouvernance [et] le tribalisme ». Depuis, le président a pris plusieurs mesures importantes, y compris la libération des prisonniers politiques et le limogeage du responsable des services de renseignements impliqué dans de graves abus.

Certaines actions de la nouvelle administration ont toutefois soulevé des inquiétudes, a déclaré Human Rights Watch. La plus notable est la nomination de Roger Kibelisa au poste d’assistant du conseiller spécial du président en matière de sécurité. Roger Kibelisa, ancien chef du département de la sécurité intérieure à l’Agence nationale de renseignements (ANR), a joué un rôle capital à cette fonction dans la répression des activistes et de l’opposition. Dans une lettre publique en date du 9 avril, des activistes et d’anciens détenus de l’agence de renseignements ont demandé à Félix Tshisekedi d’annuler la nomination de Roger Kibelisa et de ne nommer aucune personne responsable de violations des droits humains à des postes à responsabilité.

De gauche à droite : Paul Nsapu (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), Ida Sawyer (Human Rights Watch), le président Félix Tshisekedi, et la veuve et la fille du défenseur des droits humains Floribert Chebeya, Annie et Merdie, à Washington, le 6 avril 2019.

© 2019 Privé

Au cours d’une visite à Washington plus tôt en avril, Félix Tshisekedi a exprimé son engagement en faveur d’une bonne gouvernance et du respect des droits humains, de l’instauration d’institutions transparentes et de la lutte contre la corruption. Il a aussi déclaré qu’il avait l’intention de « déboulonner le système dictatorial qui était en place » en RD Congo. Félix Tshisekedi a réitéré sa préoccupation pour les droits humains et la lutte contre l’impunité lors d’une réunion avec Human Rights Watch le 6 avril. Le président a aussi rencontré la veuve et la fille du défenseur des droits humains assassiné Floribert Chebeya – un geste important et significatif.

« En prenant des mesures fortes, audacieuses et concrètes pour faire progresser les droits, le président Tshisekedi mettrait en œuvre son engagement à tourner la page après des décennies de violences, d’abus, de mauvaise gestion et d’impunité », a conclu Kenneth Roth. « La population congolaise et le monde entier suivront ses actions de près. »

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