Les forces israéliennes tirent des gaz lacrymogènes sur les manifestants palestiniens près de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, le 30 mars 2018.

© 2018 Reuters

Samedi, les Palestiniens à Gaza se dirigeront vers la barrière de séparation avec avec Israël – comparable au mur d’une prison géante – pour marquer le premier anniversaire des manifestations hebdomadaires contre le blocus qui leur est imposé depuis plus de dix ans. Au cours des douze derniers mois, j’ai parlé avec des hommes, des femmes et des enfants – souvent dans des hôpitaux – ayant participé à de telles manifestations, dans le cadre des recherches de Human Rights Watch portant sur ce mouvement de protestation, et sur la réaction d’Israël.

Ce mouvement protestataire, connu sous le nom de « Grande marche du retour », commémore l’expulsion ou la fuite de centaines de milliers de Palestiniens, devenus par la suite des réfugiés, lors la création d’Israël en 1948. Aujourd’hui, la majorité de la population de Gaza est constituée de ces personnes ou de leurs descendants, eux-mêmes considérés comme des réfugiés par les Nations Unies.

La Commission d'enquête des Nations Unies sur les manifestations de 2018 à Gaza a déterminé que les forces israéliennes ont tué 189 manifestants, et blessé plus de 6 000 personnes par balles réelles entre le 30 mars et le 31 décembre de cette année. Selon les enquêteurs, des tireurs d’élite israéliens « ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, sachant qu’ils étaient clairement reconnaissables comme tels ».

Tout en reconnaissant que les manifestations étaient « parfois violentes », les commissaires ont conclu que dans 187 cas, le recours à la force meurtrière était illégal. Ils ont estimé que dans ces cas, les manifestants ne représentaient pas une menace imminente à la vie ou que la force utilisée n'était pas « nécessaire » ou « proportionnelle » à la gravité de la menace. Dans certains incidents, les forces israéliennes sont susceptibles d’avoir commis des « crimes de guerre » ou des « crimes contre l'humanité ».

Chaque manifestant avait sa propre histoire. Mais tous les récits que j’ai écoutés avaient certains thèmes communs : les difficultés financières, la quasi-impossibilité de quitter Gaza, les rêves d’une vie meilleure, dans la dignité. Ces voix seront-elles entendues ?

Tribune complète en anglais :

www.hrw.org/news/2019/03/29/why-gaza-protests-wont-stop

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