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Au cours des dernières semaines, des centaines de familles syriennes ont appris que leurs proches qui avaient disparu dans des centres de détention du gouvernement étaient décédés. Plusieurs familles ont indiqué que c’est à la suite d’une simple demande de documents administratifs qu'ils ont appris avec stupéfaction que les autorités avaient officiellement enregistré le décès d’un proche qui avait été détenu.

Dans la plupart des cas, les autorités n’ont spécifié aucune cause de décès, mais simplement une date, remontant souvent à plusieurs années. Lorsqu’une cause de décès était spécifiée, dans la majorité des cas la mention était simplement « crise cardiaque » sans la moindre explication supplémentaire.

Cette gestion bureaucratique des décès a été révélée début 2014, quand un transfuge de la police militaire syrienne surnommé « César », qui était chargé de photographier les cadavres de prisonniers, a exfiltré clandestinement des milliers de photos et documents internes, montrant que chaque décès de détenu était enregistré, et chaque corps photographié.

Dans le cas des personnes toujours détenues, il est impératif que les autorités permettent à des observateurs internationaux de se rendre dans les centres de détention.

Une simple mise à jour des archives gouvernementales, dont l’exactitude ne peut même pas être avérée, ne suffit pas, et ne dispense pas le gouvernement syrien de sa responsabilité dans les disparitions de masse, les actes de torture et la mort de milliers de Syriens.

Tribune intégrale en anglais :

www.hrw.org/news/2018/07/30/syrias-bureaucracy-death-and-fate-disappeared

Témoignages sur la dimension humaine des « photos de César » - les photos de victimes décédées dans des centres de détention du gouvernement syrien, exfiltrées clandestinement par un transfuge de l'armée syrienne ayant pour nom de code « César ».

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