(Juin 2015) – La protection des écoles pendant les conflits armés est essentielle, comme le souligne Ziauddin Yousafzai, conseiller spécial de l'ONU sur l'éducation et père de Malala, jeune lauréate afghane du prix Nobel de la paix.

 

(New York) – Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que les autres États membres de l’ONU devraient redoubler d’efforts pour protéger l’éducation en période de conflit armé, notamment en approuvant la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Le 13 octobre 2017, le Conseil de sécurité tiendra, à l’initiative de l’Italie, de la France, de la Suède et de l’Uruguay, une réunion selon la « formule Arria » sur les attaques contre l’éducation.

En 2016, l’ONU a recensé près de 500 attaques commises contre des écoles ou des personnels éducatifs dans 18 des 20 pays en conflit couverts par le dernier rapport en date du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants en temps de conflit armé. Dans 15 de ces pays, l’ONU a déterminé que des forces armées ou des groupes armés non étatiques se servent d’écoles à des fins militaires.

Des combattants naxalites ont fait exploser deux bombes au lycée Belhara, dans la région de Jharkhand en Inde, dans la soirée du 9 avril 2009. Une bombe a percé un trou dans le mur reliant deux salles de classe à l'étage inférieur, et a endommagé le mur extérieur.

 

© 2009 Bede Sheppard/Human Rights Watch

« Des élèves, des enseignants et des universitaires ont été menacés, aspergés d’acide, visés par des tirs et sommairement exécutés, et des écoles et des universités bombardées, brûlées et visées par des obus », a constaté Zama Neff, Directrice de la division Droits des enfants de Human Rights Watch. « Les gouvernements devraient redoubler d’efforts pour assurer la sécurité des écoles, des enseignants et des élèves pendant les conflits armés. »

Joy Bishara, l’une des 276 écolières qui avaient été enlevées par Boko Haram dans un établissement d’enseignement secondaire administré par le gouvernement à Chibok, au Nigeria en 2014, interviendra lors de la réunion du Conseil de sécurité.

« Les élèves doivent se sentir en sécurité et faire les études de leurs rêves sans crainte », a déclaré Joy Bishara dans la déclaration qu’elle lira à cette occasion. « J’espère et prie pour qu’aucun élève ne subisse ce que j’ai vécu parce qu’une école n’était pas protégée. »

Les membres du Conseil de sécurité devraient approuver la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, un engagement politique intergouvernemental visant à protéger l’éducation dans les conflits armés et à éviter l’utilisation des écoles à des fins militaires, a recommandé Human Rights Watch. Depuis qu’elle a été approuvée en mai 2015 lors de la Conférence des écoles pour la sécurité à Oslo, 69 pays de toutes les régions ont approuvée la Déclaration, dont plus de la moitié sont membres de l’OTAN et les deux tiers de l’Union européenne. Mais seuls cinq des membres actuels du Conseil de sécurité – la France, l’Italie, le Kazakhstan, la Suède et l’Uruguay – ont approuvé ce document.

« Le Conseil de sécurité a identifié les attaques contre les écoles comme une grave violation des droits des enfants », a déclaré Zama Neff. « Ses membres devraient faire preuve de leadership sur cette question en approuvant la Déclaration sur la sécurité dans les écoles pour protéger les écoles en période de conflit armé. »

Zama Neff, qui copréside également la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques, et Virginia Gamba, la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, participeront également à la réunion en formule Arria du Conseil de sécurité. Ce format s’applique aux réunions informelles avec des représentants de la société civile et d’autres experts pour permettre au Conseil de débattre de questions préoccupantes. La séance sera publique.

Zama Neff et Joy Bishara sont disponibles pour des entrevues avec les médias.