Il y a cinq ans, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Sylvestre Mudacumura, commandant militaire d’un groupe rebelle basé dans l’est de la République démocratique du Congo, fondé sur neuf chefs d’accusation de crimes de guerre.

Les autorités congolaises, en coopération avec la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, devrait redoubler d’efforts pour envoyer Mudacumura à La Haye.

En tant que commandant militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé majoritairement de Rwandais d’ethnie Hutu, Mudacumura est recherché pour des attaques contre des civils, des meurtres, des mutilations, des traitements cruels, des viols, des actes de torture, des destructions de biens, des actes de pillage et des atteintes à la dignité, commis dans les provinces congolaises du Nord Kivu et du Sud Kivu. 

Ces chefs d’accusation se rapportent à des crimes présumés commis entre janvier 2009 et septembre 2010. Human Rights Watch a documenté les meurtres de plus de 700 civils par des combattants des FDLR pendant cette période. La plupart des victimes étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, que les rebelles ont tués à coups de machette ou de binette ou brûlés vifs dans leurs maisons. Ces attaques se sont accompagnées de viols généralisés et d’autres violences sexuelles.

À l’époque, l’armée congolaise, en coopération avec l’armée rwandaise et, ultérieurement, avec le soutien de la mission de maintien de la paix de l’ONU, menait une campagne militaire contre les FDLR.

(Vidéo de 2015)

Certains dirigeants des FDLR ont participé au génocide de 1994 au Rwanda voisin. Depuis lors, des milices hutues rwandaises basées dans l’est de la RD Congo se sont réorganisées politiquement et militairement, procédant à plusieurs changements de nom et de hiérarchie. La dernière configuration de ce groupe rebelle, les FDLR, a été créée en 2000. Ses forces ont été impliquées dans de nombreuses atrocités contre les civils congolais et sa présence demeure l’un des principaux obstacles à l’établissement d’une paix durable dans la région.

Comme ils n’ont pas été traduits en justice, les combattants des FDLR continuent de commettre des abus, parfois en compagnie d’autres groupes armés congolais, ou en agissant au service de certains responsables de l’armée nationale congolaise. Cependant, grâce en partie à une série d’opérations militaires menées contre ce groupe et à un programme de l’ONU visant à désarmer les combattants rebelles en RD Congo et à les réinsérer dans leurs communautés, les FDLR se trouvent actuellement à l’un des stades les plus faibles de leur existence. Il devrait donc être possible d’arrêter Mudacumura, si la volonté politique de le faire existe.

Son arrestation constituerait une étape cruciale dans les efforts pour mettre fin aux attaques contre les civils et faire progresser la justice internationale dans la région. Elle permettrait également d’envoyer un signal fort en direction d’autres individus responsables de graves crimes – en RD Congo et au-delà – selon lequel un jour, ils pourraient eux aussi se retrouver face au risque d’un procès et d’un emprisonnement.