Une foule de manifestants sur la place Tiananmen à Pékin, le 17 mai 1989.

© 1989 Reuters

(New York, le 2 juin 2017) - Le gouvernement chinois devrait reconnaître son rôle dans le massacre d'un nombre indéterminé de personnes ayant participé à des manifestations pacifiques en faveur de la démocratie le 4 juin 1989 et peu après, et tenir les auteurs de violations responsables de leurs actes, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient autoriser la commémoration de cet événement, et libérer toute personne emprisonnée pour avoir tenté de le commémorer dans le passé.

« Alors que le président Xi Jinping prêche l'ouverture lors de ses discours sur la scène mondiale, son gouvernement enterre la vérité sur le massacre de Tiananmen par le silence, le déni et la persécution de ceux qui cherchent à commémorer cet événement », a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherche sur la Chine à Human Rights Watch. « Tant que Pékin refusera de reconnaitre son propre rôle dans les atrocités commises dans le passé, les belles paroles de Xi manqueront de crédibilité. »

Comme dans le passé, les autorités chinoises ont renforcé la surveillance et le contrôle des activistes à l’approche du 4 juin. En mai, la police de Guangzhou a harcelé l'avocate Huang Simin, spécialisée dans la défense des droits humains, et son compagnon, l'écrivain Li Xuewen, les contraignant à quitter cette ville. Plus d'une dizaine de policiers dans la province de Shandong ont empêché un groupe d'activistes de se rendre au domicile de Sun Wenguang, un professeur à la retraite, afin d’y commémorer le massacre de Tiananmen.

(Sous-titres via cc) – Plus de deux décennies après le massacre de la place Tiananmen perpétré en juin 1989, le gouvernement chinois continue de censurer de manière inflexible toute véritable information ou franche discussion à ce sujet. Vidéo diffusée par HRW en juin 2014, lors du 25e anniversaire de ce tragique événement.



Malgré la remise en liberté en octobre 2016 de la dernière personne que se trouvait toujours en prison pour avoir participé aux manifestations prodémocratie de 1989, selon les informations disponibles, d’autre personnes ont été par la suite réincarcérées pour avoir repris à nouveau des activités en faveur de réformes démocratiques. Parmi ces personnes figurent le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, deux activistes de Sichuan, Liu Xianbin et Chen Wei, ainsi qu’un activiste du Guangdong, Guo Feixiong. Sous la présidence de Xi Jinping, le gouvernement chinois a commis diverses violations des droits humains, prenant pour cible les activistes de la société civile, portant atteinte à la liberté d'expression et de religion, et renforçant son contrôle de tout discours idéologique.

Communiqué intégral en anglais, avec davantage d’informations :
https://www.hrw.org/news/2017/06/01/china-own-tiananmen-massacre

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