(Nairobi, le 25 janvier 2017) - Un éminent avocat sud-soudanais spécialisé dans la défense des droits humains pourrait être illégalement expulsé du Kenya vers le Soudan du Sud, où il risque d’être persécuté, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités kenyanes ont arrêté l'avocat Dong Samuel Luak le 23 janvier 2017.

L'avocat sud-soudanais Dong Samuel Luak.

© 2011 Privé

Selon des informations crédibles, Luak, un réfugié, est détenu au quartier général de police de Nairobi, sans accès à un avocat, et est assujetti à un ordre d'expulsion.

« Dong Samuel Luak a travaillé comme défenseur des droits humains au Soudan du Sud pendant de nombreuses années, et pourrait subir de graves formes de mauvais traitements en cas de rapatriement forcé », a déclaré Leslie Lefkow, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les autorités kenyanes devraient respecter ses droits, lui permettre de rencontrer un avocat et des représentants de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, et suspendre immédiatement la procédure d'expulsion à son encontre. »

De 2002 à 2013, Luak était le Secrétaire général de la South Sudan Law Society, une association juridique visant la promotion de la justice, des droits humains et de l'État de droit au Soudan du Sud. Il a cherché refuge au Kenya en août 2013, après avoir reçu des menaces de mort suite à sa défense de Pagan Amum, un ancien haut responsable politique que le gouvernement sud-soudanais avait accusé de trahison.

La législation kenyane, la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés ainsi que la Convention de l'Union africaine relative aux problèmes des réfugiés interdisent l’expulsion de réfugiés « de quelque manière que ce soit » vers un pays où leur vie ou leur liberté serait menacée (principe de non-refoulement).

Communiqué intégral en anglais :

www.hrw.org/news/2017/01/24/kenya-activist-facing-forced-return-south-sudan

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