Plusieurs pays africains ont réaffirmé leur appui à la Cour pénale internationale (CPI) au cours des deux derniers jours, apportant à ce tribunal un soutien dont il avait bien besoin après les annonces de retrait faites récemment par l'Afrique du Sud, le Burundi et la Gambie.

Le siège de la Cour pénale internationale, à La Haye (Pays-Bas).

© 2011 Reuters

Les gouvernements africains ont pris tour à tour la parole lors du débat général de la réunion annuelle des États membres de la CPI et ont manifesté leur volonté de rester membres et de continuer à soutenir la Cour. La réaffirmation par ces États de leur adhésion à la Cour a permis de calmer les conjectures sur un éventuel retrait massif de la CPI.

Certains des gouvernements qui ont exprimé leur soutien ont formulé des critiques, appelant notamment à davantage de dialogue sur les préoccupations que suscite la Cour chez certains États membres africains. D'autres ont mis l'accent sur des problèmes plus généraux, comme l'action jugée inéquitable du Conseil de sécurité des Nations Unies en matière de justice internationale.

Le Burundi et l'Afrique du Sud se sont exprimés pour justifier leur décision de se retirer.

Un certain nombre de pays se sont exprimés pour la première fois sur les retraits pour soutenir la Cour.

Le Nigéria a déclaré son soutien « indéfectible » à la CPI et a appelé instamment à l'octroi de davantage de ressources à la Cour.

La République démocratique du Congo a annoncé qu'elle ne se retirerait pas et affirmé sa « ferme détermination » à continuer de coopérer avec la CPI.

La Côte d'Ivoire a exprimé son « souhait de renouveler » son engagement en faveur de la Cour, et le Botswana a réaffirmé son appui.

La Tunisie a souligné que la CPI est souvent la « seule voie pouvant conduire à la justice » pour de nombreuses victimes et a réaffirmé son engagement.

Le Ghana a réaffirmé son engagement et déclaré qu'il continuerait d'être un « ferme soutien » de la Cour

Le Mali a déclaré qu'il resterait membre de la CPI et que c'est en faisant partie du système que les États pouvaient le mieux répondre au besoin de justice.

Le Burkina Faso a réitéré son engagement en faveur de la Cour et affirmé que les retraits « ne feront qu'affaiblir la justice. »

La Tanzanie a déclaré que la CPI était une source d'« inspiration » et revêtait une « importance unique. »

Le Lesotho a réaffirmé son soutien, affirmant que « le changement doit venir de l'intérieur. »

L'Ouganda, qui par le passé a fortement critiqué la Cour, a affirmé son soutien et sa détermination à coopérer avec elle.

Le Kenya a vivement dénoncé les critiques formulées à l'encontre des retraits, mais est resté silencieux sur ses intentions concernant son statut de membre et a exhorté l'assemblée à travailler collectivement en vue d'une réforme.

Seule la Namibie a indiqué qu'un retrait demeurait une option, mais a souligné qu'une décision n'avait pas encore été prise, – malgré des informations de presse selon lesquelles le gouvernement avait décidé l'année dernière de se retirer de la Cour.

Toutes ces déclarations sont les bienvenues, notamment pour les quelque 200 organisations africaines qui ont appelé les pays africains membres de la CPI à apporter un soutien accru à la Cour à la suite des retraits.