Des personnes participant à une « chaîne de solidarité » en hommage aux victimes des attentats meurtriers commis à Paris, le 13 novembre 2015, lors d’un rassemblement tenu sur la place de la République, le 15 novembre.

© 2015 Pascal Rossignol, Reuters

Ce dernier mois a vu la prolifération soudaine d’effroyables attaques contre des gens ordinaires, manifestement commises par l’auto-proclamé État Islamique (EI). Entre le massacre à Paris, les bombes à Beyrouth, Bagdad et Ankara, et l’explosion d’un avion russe au-dessus du Sinaï, nous voyons l’intensification du recours aveugle à la violence contre des civils au nom d’une idéologie politique.

Ayant vécu l’attaque du 11-Septembre, perpétrée par Al Qaeda à New York il y a quatorze ans, je peux imaginer ce que ressentent les survivants – le sentiment profond de la perte, l’impression que ma ville a été violée, que des endroits que je considérais comme parfaitement sûrs étaient d’un seul coup menacés.

Rien ne peut justifier ces attaques odieuses. Elles sont un affront aux principes fondamentaux des droits humains, qui placent la vie humaine au-dessus de toute manipulation pour quelque cause que ce soit.

A première vue, l’EI peut sembler insensible aux dénonciations habituelles du mouvement de défense des droits humains. Pourtant, l’EI doit attirer de nouvelles recrues et susciter l’adhésion.  Nous pouvons faire obstacle à ce processus en montrant la terrifiante réalité du projet politique qu’il promeut : l’esclavage sexuel des femmes, l’exécution quotidienne de personnes pour le moindre « délit », « mauvaise » religion ou appartenance politique, ou encore l’ordre imposé d’une ère  pré-moderne fantasmée. Nous pouvons dénoncer l’offense faite aux musulmans dans le monde entier par les auteurs d’une telle cruauté et inhumanité quand ils se réclament de l’Islam.

Mais la défense du mouvement des droits humains contre l’EI dépend de bien plus que de nos efforts d’information sur ses crimes. A travers notre travail quotidien de documentation et de dénonciation de toutes les violations des droits humains –y compris de celles commises dans le cadre de la réaction des gouvernements contre l’EI ou d’autres groupes du même genre- nous renforçons les valeurs fondamentales permettant au monde de condamner les méfaits de l’EI comme étant particulièrement répugnants.

Dans ce moment d’horreur et de choc, au moment où ceux d’entre nous qui affrontent ces sujets pourraient ressentir doute et désespoir, il est crucial de nous rappeler que ces outrages à nos principes essentiels justifient de manière impérieuse que nous poursuivions notre travail. Les principes des droits humains, que l’EI bafoue avec de plus en plus de perversité, ne peuvent pas être considérés comme acquis. C’est dans ces moments d’immenses défis comme aujourd’hui que la défense que nous en faisons est la plus nécessaire.